Réunis les 26 et 27 janvier à Madrid, sous l’égide de l’ONU, une centaine de pays ont peiné à élaborer une « feuille de route » pour réduire la faim dans le monde. Les participants à cette conférence ministérielle se sont contentés d’un projet « d’alliance globale », l’Espagne ayant fait, pour sa part, la promesse de verser un milliard d’euros sur cinq ans pour aider les pays du tiers monde les plus vulnérables. De leur côté, la nouvelle administration américaine et le président Barack Obama ont assuré, dans un message vidéo, vouloir s’engager sur la voie d’un « nouveau partenariat » avec la communauté internationale pour combattre la faim dans le monde.
La crise financière représente une menace supplémentaire pour la sécurité alimentaire mondiale, a mis en garde Jacques Diouf, le directeur de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à l’ouverture du sommet de Madrid qui n’est pas parvenu à concrétiser les promesses de la réunion de juin à Rome de réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim.
Le premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, a indiqué que son pays va apporter 200 millions d’euros par an sur les cinq prochaines années pour les politiques publiques en faveur de l’agriculture et de la sécurité alimentaire et qu’une quinzaine de pays s’étaient déjà engagés à verser un total de 5,5 milliards de dollars, sans toutefois indiquer la liste des donateurs. Il a également rappelé l’engagement de l’Union de mobiliser un milliard d’euros pour contribuer à la sécurité alimentaire dans les pays en développement durant la période 2008-2010.
Les experts estiment qu’il faudrait entre 25 et 40 milliards de dollars par an pour assurer la sécurité alimentaire mondiale et éradiquer la faim, selon des chiffres cités par M. Zapatero.
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La « déclaration de Madrid »
La centaine de pays participants ont signé une déclaration (« déclaration de Madrid ») aux termes de laquelle ils approuvent l’engagement de « consultations » pour établir une « alliance globale pour l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition » qui pourrait être formellement lancée lors d’un prochain sommet de la FAO. Ambroise Mazal représentant des ONG françaises à Madrid, espère que la future « alliance globale » servira à « remettre à plat le système » en matière de lutte contre la pauvreté. « Il n’existe pas aujourd’hui d’outil, de lieu qui rassemble les acteurs du développement. Il y a la FAO et l’Organisation mondiale du commerce, avec des positions diamétralement opposées. Il faut réunir ces acteurs, y ajouter la société civile et construire un consensus sur ce qui marche pour lutter contre la faim », a-t-il expliqué.
Le directeur général adjoint de l’Organisation mondiale du commerce, Harsha V. Singh, a souligné, pour sa part, que l’OMC accordait des flexibilités aux pays en développement pour aborder les questions de sécurité alimentaire, y compris par des initiatives nationales comme celles concernant les semences, les engrais et l’attention à porter aux petits agriculteurs.