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Négociations de l’OMC Le sommet du G-20 sur la crise financière pourrait plaider pour un accord à Genève

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Préparé du côté européen par une réunion informelle des chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept le 7 novembre à Bruxelles, le sommet des pays industrialisés et en développement du G-20 sur la crise financière, qui se tiendra le 15 novembre à Washington, pourrait insister sur la nécessité, dans la perspective d’un ralentissement économique, de donner un nouvel élan au commerce mondial en bouclant enfin le cycle de négociations de l’OMC.

«La crise met à l’épreuve notre capacité et notre volonté de relever les grands défis auxquels le monde est confronté en ce début du xxi e siècle. La crise pourrait entraîner un ralentissement durable de l’économie au niveau planétaire. Parallèlement, il demeure urgent de conclure le cycle de Doha, de faire face aux changements climatiques et d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement que nous nous sommes fixés », écrit la présidence française de l’UE dans une « note sur l’architecture financière internationale » préparée en vue du sommet européen informel du 7 novembre à Bruxelles et du sommet du G-20 le 15 novembre à Washington. « II convient donc de relever avec détermination le double défi consistant à faire preuve de vigilance face au risque de ralentissement et à poursuivre des objectifs mondiaux à long terme », souligne cet texte.

« Doha sera discuté », selon la Maison blanche

« Je suis sûre que Doha sera discuté » le 15 novembre à Washington lors du sommet du G-20 sur la crise financière, a déclaré récemment la porte-parole de la Maison blanche, Dana Perino. « Je suis sûre que les dirigeants, quand ils seront réunis, essaieront de parler de la façon d’aller de l’avant pour s’assurer que le commerce soit ouvert et assez libéral pour que chaque citoyen dans le monde soit en mesure de profiter du libre-échange », a-t-elle ajouté.

Le G-20 regroupe l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, l’UE, la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Turquie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Il ne doit pas être confondu avec le G-20 créé dans le cadre des négociations de l’OMC sous l’égide du Brésil par des pays déterminés à défendre leurs intérêts agricoles face aux pays riches.

Le G-20 doit « envoyer un message fort »

Directeur général des services de la Commission européenne chargé du commerce, David O’Sullivan a lui aussi émis « l’espoir », le 28 octobre, que les dirigeants du G-20 feront pression, lors de leur réunion à Washington, pour un accord à l’OMC. Il a souhaité que ceux-ci « envoient un message très fort aux négociateurs à Genève pour que nous retournions à la table des discussions une dernière fois et bouclions cet accord ».

En juillet, à Genève, « nous étions à seulement quelques mètres d’un compromis. Je crois encore que nous pourrions y arriver avant la fin de l’année », a précisé M. O’Sullivan.

Selon lui, un accord l’année prochaine ne sera pas plus facile du fait de l’arrivée d’une nouvelle administration américaine, des élections en Inde et en Allemagne, des élections du Parlement européen et de la désignation d’une nouvelle équipe de commissaires européens.

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De son côté, Mariann Fischer Boel a déclaré, le 31 octobre à Stockholm lors du congrès des libéraux démocrates européens, que l’UE était décidée à faire pression pour un succès du cycle de Doha parce que le commerce est un « ingrédient essentiel » de la sécurité alimentaire mondiale. Toutefois, a ajouté la commissaire européenne à l’agriculture, « cela n’arrivera pas demain, étant donné la situation politique, mais cela doit arriver, quoi qu’il en soit. Nous devons en être sûrs ».

Le financement du commerce en discussion à Genève

Le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, a appelé les dirigeants de grandes banques mondiales comme Citigroup, Commerzbank ou JPMorgan Chase à envisager le 12 novembre à Genève, avec le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, et le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick, de nouveaux moyens pour financer les échanges des biens et services.

Plus de 90 % de toutes les transactions commerciales internationales impliquent une forme de crédit, d’assurance ou de garantie, facilités que les importateurs et exportateurs ont de plus de mal à obtenir du fait de la crise actuelle.

« Dans quel monde vivons nous » ?

« Vous avez tous vu qu’on a pu mobiliser 4 000 milliards de dollars pour faire face à la crise financière. Dans quel monde vivons-nous, quelles sont les priorités, quelle est l’éthique ? », s’est exclamé le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, qui, lors d’un débat au Parlement européen, le 4 novembre à Bruxelles, comparait ce chiffre aux « 30 milliards de dollars par an » dont le monde aurait besoin « pour investir de manière appropriée dans l’agriculture ».

M. Diouf a également fait le parallèle avec les subventions à l’agriculture des pays de l’OCDE « qui représentent 372 milliards de dollars » par an. Selon lui, « la Pac, les farm bills (américains), pénalisent les agriculteurs du tiers-monde, et on a une agriculture, au niveau du commerce international, qui est injuste ».