Le Japon continue de soutenir et protéger fortement son secteur agricole, confirme un rapport de l'OMC, notamment au niveau des prix de marchés, politique particulièrement susceptible de fausser les échanges et la production.
« En dépit des modifications apportées ces dernières années aux programmes agricoles, le soutien et la protection dont jouit le secteur agricole au Japon demeurent importants par rapport à d'autres pays », constate le rapport du secrétariat de l'OMC sur le Japon à l'ordre du jour, les 9 et 11 mars, de l'Organe d'examen des politiques commerciales de l'organisation mondiale. Selon les auteurs, si Tokyo a continué de progresser vers un soutien des revenus, « le soutien des prix du marché constitue toutefois le principal élément du dispositif et est considéré, avec les autres transferts liés à la production et aux intrants, comme l'une des formes de soutien les plus susceptibles de fausser les échanges et la production ».
Des droits de douane de 15 % en moyenne
Aux frontières du Japon, la moyenne globale des droits NPF (nation la plus favorisée, droit normal appliqué aux produits importés) a diminué, tombant de 6,3 % en 2012 à 5,8 % en 2014, ce qui tient au fait, remarque le rapport de l'OMC, que « l'augmentation des prix unitaires de nombreux produits agricoles a entraîné une baisse des équivalents ad valorem (proportionnels à la valeur du produit) ». La moyenne des droits appliqués pour les produits agricoles est ainsi « de 14,9 % (contre 17,5 % pour l'exercice 2012) et de 3,7 % pour les produits non agricoles (comme durant l'exercice 2012) ».Les tarifs consolidés à l'importation (droits faisant l'objet d'un engagement, difficiles à relever) restent toutefois, en moyenne, « beaucoup plus élevés pour les produits agricoles que pour les produits non agricoles (15,2 % contre 3,7 %) », précisent les auteurs.
Des normes coûteuses
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le rapport souligne également que les prescriptions du Japon relevant des mesures sanitaires et phytosanitaires et des obstacles techniques au commerce « sont souvent plus strictes que les normes internationales » et que « les coûts liés au respect des normes nationales en matière de qualité et de sécurité peuvent être élevés ». Il note que Tokyo « interdit l'importation de viande bovine et de viande de volaille en provenance de divers pays, afin d'empêcher la propagation de certaines maladies animales, dont l'ESB et la grippe aviaire ».
Le Japon négocie actuellement un accord de libre-échange avec l'UE et s'inscrit dans le projet de Partenariat transpacifique avec les États-Unis et dix autres pays de la région (1).
(1) Voir n° 3487 du 09/03/15