Alors que le gouvernement, lors du Grenelle de l’environnement, avait mis en avant la volonté d’augmenter à 20 % la consommation de produits issus de l’agriculture biologique en restauration d’ici à 2012, le Synalaf se dit préoccupé par cette incitation. Deux raisons : le manque d’offre et le prix trop élevé. Le syndicat des volailles fermières Label rouge tient à rappeler que la production de ses adhérents est capable de répondre à la demande, leurs engagements s’inscrivant également dans une volonté de développement durable depuis 40 ans. Le Synalaf demande ainsi au gouvernement d’élargir ses recommandations à tous les signes officiels de qualité.
Le plan « Agriculture biologique : Horizon 2012 », né dans le prolongement du Grenelle de l’environnement, ne fait pas que des heureux. « Le Synalaf voit rouge », indique Bernard Tauzia, vice-président du Synalaf et éleveur de volailles fermières Label rouge. En cause : l’incitation du gouvernement auprès des professionnels de la restauration collective et commerciale à utiliser régulièrement des produits issus de l’agriculture biologique, pour en augmenter sur ce circuit la consommation à 20% d’ici à 2012. Incitation matérialisée par la signature d’une circulaire datée du 2 mai 2008 par le Premier ministre, François Fillon. « C’est aller beaucoup trop loin, car les volumes sont insuffisants et les prix trop élevés. La production biologique est compliquée, et les conversions nécessitent du temps. Les éleveurs ne peuvent pas monter en puissance aussi rapidement. Nous revendiquons la qualité des volailles fermières Label rouge, dont la production est actuellement capable de répondre à la demande », précise le vice-président. Le Synalaf demande donc au gouvernement d’élargir ses recommandations à tous les signes officiels de qualité, de favoriser les produits Label rouge dans les appels d’offre et d’accompagner financièrement les productions sous signes officiels de qualité. « La qualité en restauration ne doit pas être un simple effet d’annonce ou d’image, mais une réalité chaque jour dans les menus », indique le syndicat. « Il y a un risque de confusion des genres qui laisse croire qu’il ne faut manger que bio pour bien manger », explique Jean-Lou Germain, conseiller technique auprès du CCC France (association de la restauration collective en gestion directe).
Seulement 11% des ventes de labels en RHD
La production de volailles biologiques s’est élevée à 4,5 millions de volailles, avec une progression de 1 % en France, selon le Synalaf, rendant « impossible l’approvisionnement régulier de la restauration ». « Il faudrait 20 millions de volailles biologiques pour approvisionner la restauration collective à hauteur de 20% », souligne Agnès Laszczyk, directrice du Synalaf. Outre les difficultés d’approvisionnement, le syndicat met en avant l’écart de prix, le coût de revient d’une volaille biologique étant 50% plus cher que celui d’une volaille fermière Label rouge. « Cela peut entraîner des effets pervers, car certains établissements pourraient faire des économies sur d’autres produits, au détriment de la qualité », souligne Agnès Laszczyk.
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Au contraire, en 2007, 106,5 millions de volailles fermières Label rouge ont été produites en France, en progression de 7%. La RHD a représenté environ 12 000 tonnes de poulets fermiers Label rouge soit 11% des ventes totales de labels. « Il y a encore du potentiel, on pourrait doubler ce volume », note la directrice du Synalaf. Le circuit de la restauration représente 22% de la consommation française de volailles, avec 140 000 tonnes, dont 50% en poulets et dindes toutes qualités confondues, selon la dernière étude réalisée par l’Office de l’élevage.