Pour leur 41 congrès qui s’est déroulé à Épinal dans les Vosges du 19 au 21 juin, les Jeunes agriculteurs ont défendu une agriculture durable qui doit répondre à un triple défi. Il s’agit de relever le défi alimentaire, le défi environnemental et celui de l’aménagement du territoire et de l’emploi. « Et si nous avions le choix de proposer et décider de construire un véritable pacte alimentaire tout en relevant le défi d’une agriculture durable ? », a lancé Philippe Meurs, le président du syndicat en ouverture du congrès le 19 juin. Celui-ci estimait en clôture du congrès le 21 juin que la vraie nouveauté serait de « promouvoir de façon étroite et harmonieuse l’impératif écologique et le sursaut économique y compris en agriculture ».
Les propositions du 41 e rapport d’orientation sont une première étape à la contribution des JA au bilan de santé de la PAC, prévu en 2008 a expliqué Philippe Meurs, qui entend poursuivre la réflexion avec le CEJA (syndicalisme jeune européen). Par agriculture durable, les jeunes agriculteurs entendent « un développement agricole qui doit à la fois subvenir aux besoins présents de l’humanité et créer les conditions économiques, écologiques, territoriales, sociales et politiques, nécessaires pour satisfaire ses besoins futurs ». Dans ce contexte, trois défis sont identifiés : le défi alimentaire, le défi environnemental et le défi de l’emploi et de l’aménagement du territoire. Il s’agit de garantir une alimentation sûre, de qualité, diversifiée et en quantité suffisante en maîtrisant la sécurité des approvisionnements. La séance des amendements au rapport d’orientation le 20 juin a ajouté la notion de prix rémunérateur pour les agriculteurs. C’est la région Ouest qui se désolait lors de son intervention du 20 juin du fait « que le mot revenu n’était plus chuchoté dans la maison JA ! ». « N’ayons pas peur du revenu ! », ont lancé les Bretons qui souhaitent que « les nouvelles missions de l’agriculture soient rémunérées ».
« Les enfants de l’environnement »
« Nous sommes les enfants de l’environnement », a rappelé le président des JA qui estime que ces « contraintes » doivent être imposées à tous les pays. Pour Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, « être de la génération de l’environnement, cela va être utile par les temps qui courent ». « Par l’acte de production, l’agriculture capte du CO2 », a rappelé Philippe Meurs. L’objectif est de « maintenir une agriculture diversifiée qui contribue à la lutte contre le réchauffement climatique et en préservant les paysages et la biodiversité ». La séance des amendements du 41 e rapport d’orientation a logiquement fait émerger la problématique OGM. La région Sud-Ouest entendait faire mentionner la technologie transgénique (OGM) parmi les « méthodes respectueuses de l’environnement ». Scepticisme aussi de la région Massif Central peu à l’aise sur le dossier conditionnalité à laquelle les JA « ne sont pas opposés pour peu qu’elle reflète des attentes sensées de la société » souligne le rapport.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La biodiversité en débat
Le débat sur la biodiversité a été mouvementé le 20 mars lors de la séance des amendements. Pour certains participants, augmenter la biodiversité présente le risque de politiques agroenvironnementales « à outrance ». « Ce sera l’activité agricole qui sera en voie d’extinction plutôt que la faune et la flore », avancent des délégués de la région Massif Central ou encore de la région Ouest. Les Bretons n’envisagent les MAE (mesures agroenvironnementales) que comme des contraintes là ou Philippe Meurs veut y voir des atouts. « La vraie nouveauté serait de promouvoir de façon étroite et harmonieuse impératif écologique et sursaut économique y compris en agriculture », plaidait Philippe Meurs le 21 juin. Les JA sont prêts à s’impliquer dans le Grenelle de l’environnement mais sous certaines réserves. « C’est le fond du débat qui nous intéresse avec des gens représentatifs ». Le leader de la FNSEA estime que le syndicalisme majoritaire est « bien debout dans ses bottes ». « Au Grenelle, nous ne serons pas à la case départ et nous sommes prêts à aller plus loin à la condition d’avoir à la clé du revenu », conclut Jean-Michel Lemétayer.
Prise de conscience
Pour le leader des JA, « il y a une prise de conscience de ce que pèse l’agriculture dans l’économie française en tant que fournisseur d’emplois ». L’enjeu pour les JA est de « conserver une activité agricole garante de la vitalité économique et sociale et d’un aménagement harmonieux des zones rurales, avec des paysans nombreux sur l’ensemble des territoires ». En plus, « l’agriculture française ne se porte pas si mal que ça », souligne Philippe Meurs. Preuve en est l’augmentation en 2006 des installations aidées à hauteur de 4,4 % en 2006. Alors que le tout fraîchement nommé Michel Barnier, nouveau ministre de l’Agriculture, a réservé son premier discours aux JA à Épinal, Philippe Meurs attend du nouveau gouvernement qu’il donne « de vrais avantages à l’installation des JA » notamment en termes de transmission des exploitations agricoles et de financement de l’installation. Sans oublier l’urgence des dossiers internationaux et européens avec les négociations à l’OMC et le bilan de santé de la PAC Lire également l'article de la Une de cette édition.