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Référendum Le syndicalisme majoritaire planche sur l’Europe sans donner de consigne de vote

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Les organisations professionnelles majoritaires (FNSEA, JA et APCA) ont organisé le 16 février à Paris une journée de réflexion sur l’Europe, à quelques mois du référendum sur la constitution européenne. Les leaders syndicaux présents, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA ou Luc Guyau, président des chambres d’agriculture, se sont gardés de donner des consignes de vote. Pour le président Valéry Giscard d’Estaing, «l’agriculture a intérêt à ce que l’Europe marche».

« Aujourd’hui, nous avons voulu travailler, réfléchir en prenant de la hauteur nécessaire pour ne pas sombrer dans des réactions que certains qualifieraient de “primaires”», a expliqué Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, en clôture de la journée sur l’Europe organisée par les organisations majoritaires (FNSEA, APCA et JA). Une journée qui a accueilli entre autres l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing qui a présenté son projet de constitution ou le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier.

« Je ne prends pas beaucoup de risques», a avoué le président des JA (Jeunes agriculteurs) Bernard Layre en expliquant que « ce n’est pas parce qu’on est contrôlé trois fois que la constitution européenne est bonne ou mauvaise». Aucune consigne de vote n’a été donnée ni par lui ni par les autres ténors du syndicalisme agricole, à l’exception de Gilbert Bros, vice-président de l’APCA qui a appelé à voter contre. Le président du syndicat jeune s’interroge : « Comment faire pour que les agriculteurs voient autre chose dans l’Europe qu’une machine à broyer l’agriculture?»

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Pas de catastrophisme

De son côté, Jean-Michel Lemétayer, sans « vouloir faire de catastrophisme», met en avant tous les problèmes auxquels sont confrontés les paysans : « montée en charge de la suradministration», problème lié à la justification économique des soutiens publics car ils vont être découplés, sans oublier l’amende infligée par Bruxelles à la FNSEA pour entente sur les prix lors de la crise de la vache folle. Les paysans français connaissent la PAC, « depuis 40 ans c’est leur quotidien», explique le leader syndical. Il n’empêche. Ils se posent beaucoup de questions par rapport aux politiques agricoles, souligne Bernard Layre. «Le sentiment qui habite le monde agricole est complexe», analyse-t-il.

Un paquebot qui a un cap

Pourtant, Jean-Michel Lemétayer a choisi dans son intervention de ne pas crever l’abcès. Il a décidé de ne pas interpeller le ministre « sur toutes les vicissitudes que nous fait vivre la réforme de la Pac» de Luxembourg, a-t-il expliqué. Le leader syndical souhaite que la France « ne soit plus un bateau ivre mais au contraire un paquebot qui a un cap, à l’intérieur duquel les ponts sont organisés, structurés avec des règles claires et respectées de tous ». Un ministre qui a affirmé haut et fort que la France doit porter cette constitution. « Si la France ne reste pas en tête du projet, les idées françaises ne resteront pas en tête». Reste à voir si les agriculteurs laisseront leurs problèmes quotidiens de côté pour voter oui afin que les idées françaises restent «en tête».