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Confédération paysanne Le syndicat déclare « la guerre » à Monsanto

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La Confédération paysanne entend rester ferme face à Monsanto et organise une contre-attaque. Le syndicat, qui vient de recevoir le soutien de la Fnab et de la FNSEA, s’est vu ponctionner, le 26 novembre, de 18 000 euros, sur les 196 000 que doit le syndicat à la multinationale . L’organisation appelle au boycott des produits Monsanto et vient de lancer une campagne sur le thème « Monsanto pille et tue les paysans et la planète ». La Confédération demande par ailleurs un moratoire de 3 à 5 ans en France sur les OGM, à l’exemple du texte voté récemment en Suisse.

« Nous déclarons la guerre à Monsanto », lançait José Bové, suite au prélèvement, le 26 novembre, par la multinationale, de 18 000 euros sur un compte du syndicat. « Nous lançons un appel au boycottage des produits Monsanto dans tous les magasins où se vendent ses produits», déclarait l’ancien porte-parole, toujours militant à la Confédération paysanne et responsable du dossier de la sécurité alimentaire pour l’organisation internationale Via Campesina.

Bras de fer

Un bras de fer s’engage donc entre le syndicat et Monsanto. « Nous avons un moral d’enfer », indiquait le 29 novembre Gérard Durand, porte-parole. Reste que les deux protagonistes ne jouent pas sur le même plan. La multinationale semencière pourrait continuer à prélever sur les comptes du syndicat. Celui-ci doit encore la somme de 178 000 euros à Monsanto (sur un total de 196 000 euros représentant environ 10 % du budget du syndicat), suite au jugement du 9 mai 2000 par le tribunal de grande instance de Montauban, confirmé par la cour d’appel de Toulouse en décembre 2001. De son côté, la Confédération paysanne entend attirer l’attention de l’opinion publique sur les « agissements » de Monsanto. « Monsanto pille et tue les paysans et la planète », ont affiché sur une grande banderole les militants de la Confédération paysanne sur la façade de leur siège à Bagnolet (Seine Saint-Denis) le 30 novembre. Mais les retombées positives de la campagne contre Monsanto ne sont pas assurées pour le syndicat.

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Appel à un soutien financier

En attendant, le syndicat garde le moral au beau fixe, malgré une sérieuse menace financière. « Ce genre de choses galvanise les troupes. Monsanto veut bâillonner la Conf, on va lui montrer que c’est tout le contraire qui va se passer » déclare le porte-parole Gérard Durand. Le syndicat, via l’association, les Amis de la Conf (www. lesamisdelaconf. org), organise quand même une souscription de soutien. Ce dernier trouve étonnant que Monsanto agisse « aujourd’hui, juste au moment où est en train de se décider un projet de loi sur la co-existence OGM/ non OGM. Le syndicat entend faire pression auprès de l’opinion publique et donc des politiques pour faire interdire la culture d’OGM en plein champ ou au mieux avoir un moratoire comme récemment en Suisse. Les arrachages de plan par le syndicat continueront-ils pour autant ? « Nous attendons de voir l’issue du projet de loi et si il y aura un moratoire de 3 à 5 ans, comme nous le demandons, avant de nous décider», précisait Régis Hochart, également porte-parole.