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Nutrition Le syndicat des compléments alimentaires pointe des risques de déficiences

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On croit volontiers les Français un peu trop « accros » aux compléments alimentaires et l’on préjuge un peu facilement de leur bon état nutritionnel. Les dernières études de consommation (enquête INCA 2), qui démontrent plutôt le contraire, donnent des arguments aux fabricants de produits diététiques et de compléments alimentaires, confrontés depuis peu à un repli sensible de leurs ventes.

Parmi les idées reçues à propos de l’usage des compléments alimentaires, c’est que les Français en consommeraient beaucoup. Les fabricants dont les ventes ont globalement cessé de progresser depuis deux ans ont cherché à en avoir le cœur net en demandant au Credoc une analyse spécifique des données de l’enquête INCA 2.
Le Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires (SDCA), qui regroupe une soixantaine d’entreprises représentant plus des trois quarts d’un marché de 1 milliard d’euros, a présenté à la presse les dernières données sur le sujet. Et en soulignant combien la crise économique, mais aussi certaines remises en cause des aliments santé et la réforme en cours du régime des allégations, avaient cassé la croissance de leur marché : après avoir doublé entre 2003 et 2007, les ventes ont plafonné puis accusé un recul de 4% l’an dernier.

Des populations plus exposées
Pour la première fois, grâce à l’enquête INCA 2, la consommation de 411 compléments alimentaires a pu être passée à la loupe chez 4079 individus, se félicite le SDCA. Il en ressort que celle-ci reste raisonnable ; elle est même trois fois inférieure à ce qu’elle est en Europe du nord. Elle ne touche que 22% des femmes et 8% des hommes, les deux tiers de ces consommateurs ne font pas plus de deux cures par an et – paradoxe – ce ne sont pas des personnes en surpoids ni en manque d’activité physique.
Ce que révèlent en revanche les chiffres INCA 2, c’est qu’une forte proportion de Français sont exposés à des risques sinon de carences mais du moins de déficiences nutritionnelles, explique Pascale Hébel, directrice du département consommation du Credoc. Ainsi plus des deux tiers des femmes de 25 à 34 ans ne couvrent pas leurs besoins en fer, 35% des jeunes de 18 à 24 ans risquent de manquer de calcium, le manque de magnésium et de calcium menace fortement les femmes jeunes comme l’ensemble des seniors et plus des trois quarts des hommes et des femmes de tous âges ne couvrent pas leurs besoins en vitamine D.

Des outils efficaces de prévention
Or, ajoute Pascale Hébel, au-delà de la nécessité d’avoir une alimentation variée et équilibrée, les compléments alimentaires ont un intérêt réel pour prévenir ces risques de déficiences. Les personnes qui en consomment s’avèrent avoir de meilleurs apports en vitamines et minéraux et ce, sans risque de dépassement des limites de sécurité. La consommation de compléments alimentaires diminue en fait les risques de déficiences en vitamines B1, B6, B9, D et E et en cuivre et en magnésium, ajoute-t-elle.

(1) Le marché des aliments diététiques, lui, pèse 350 M EUR.

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