L’examen parlementaire de la loi d’orientation agricole(LOA) a été au cours des derniers mois l’occasion d’un affrontement autour d’une question de principe : faut-il autoriser les producteurs d’AOC à faire figurer sur leur étiquetage la désignation « montagne » ? La loi de 2004 sur le développement des territoires ruraux avait répondu par la négative à cette question, mais l’Assemblée nationale a voté en septembre dernier une clause inverse, autorisant cette cohabitation « AOC / Montagne » sous réserve qu’elle soit demandée par le syndicat interprofessionnel représentant l’AOC. Puis quelques semaines plus tard, le Sénat votait à l’unanimité pour un retour à la loi de 2004. La commission mixte paritaire Députés-Sénateurs a trouvé finalement le 8 décembre un consensus entre les deux assemblées, avec l’adoption d’une clause autorisant cette cohabitation, sous réserve que le syndicat AOC en fasse la demande et que le territoire de l’AOC soit intégralement situé en zone de montagne. Cette position, comme l’indique le syndicat du comté, a voulu concilier l’intérêt de petites AOC perchées en zone de montagne comme le bleu du Haut Jura ou le mont d’or, avec celui d’AOC plus dimensionnées comme le roquefort, le reblochon ou le comté, qui voyaient d’un mauvais œil s’installer les germes d’une division au sein même de leurs producteurs entre ceux qui sont situés au-dessus de 600 mètres et ceux qui sont au-dessous.
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