Jugeant que la Pac est dépassée, le think tank français Momagri estime que la prochaine révision à mi-parcours du financement de l'UE doit être l'occasion d'une réforme fondée sur des aides contracycliques, en remplacement des paiements directs actuels.
« La Pac que vous allez devoir déployer pour les sept années à venir n'est plus adaptée aux défis qui s'annoncent », face, notamment, aux « phénomènes destructeurs de l'hyper-volatilité des cours », affirme le Mouvement pour une organisation mondiale de l'agriculture (Momagri), think tank français, dans une lettre adressée le 19 janvier à Phil Hogan. Il propose au commissaire européen à l'agriculture de « lancer une réforme » à l'occasion de la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel de l'UE en 2016-2017. Son idée : « redéployer les paiements directs autour d'un dispositif contracyclique ».
Un « tunnel de prix »
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Momagri préconise une Pac « fondée sur un prix d'équilibre qui serait le repère central du dispositif de régulation autour duquel serait défini un tunnel de prix ». Dans ce « tunnel », il n'y aurait plus d'aide aux agriculteurs. En dessous du prix plancher serait engagé « un dispositif de soutien contracyclique, conforté en deçà d'un seuil de régulation publique par la mise en œuvre d'un stockage public limité à 4 % de la production annuelle ».
À l'inverse, suggère le think tank, « au-delà d'un seuil de solidarité financière, un prélèvement sur les transactions serait opéré pour éviter qu'une spéculation trop forte ne s'installe ». Enfin, selon ce schéma qui serait applicable aux secteurs des céréales, du lait, des oléagineux et dans une certaine mesure des viandes, une aide unique de 75 € par ha, l' « aide qualité Europe », serait versée aux exploitants. Elle viserait à « compenser les efforts demandés aux agriculteurs en matière environnementale et de gestion des territoires ».