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Agroéquipement Le tracteur du futur sera modulable et écologique

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Le tracteur de demain ne sera certainement pas gigantesque. Mais sa puissance n’en sera pas pour autant altérée. Elle résidera dans sa grande modularité et ses caractéristiques environnementales hors pair.

À quoi ressemblera le tracteur de demain ? Plus ajustable aux besoins de l’agriculteur et plus écologique, la machine agricole du futur sera bien différente de celle qui existe aujourd’hui. Finie la course au gigantisme visant à un maximum de puissance et de confort. Place désormais à un tracteur respectueux de l’environnement et modulable.

Plusieurs tracteurs, un seul conducteur
« Nous travaillons au développement du pilotage automatique avec le concept futuriste de “tracteurs maître-esclaves”, explique Laurent Pernin, General Marketing Manager chez Massey Fergusson, Europe, Afrique et Moyen-Orient. Il s’agit d’un concept innovant dans lequel un tracteur suit un autre tracteur et un seul conducteur suffit. » Un projet de coopération entre machines agricoles que le Cemagref (Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement) étudie aussi avec attention. « Si l’on regarde l’évolution des machines depuis 30 ans, on va vers le toujours plus gros et le plus puissant, explique Michel Berducat du Cemagref. Mais le problème est la tendance qu’ont ces grosses machines à compacter les sols. L’une des alternatives explorées par le Cemagref et de mettre un conducteur sur une machine de taille moyenne (quelques dizaines de KW), accompagnée d’une deuxième ou troisième machine en coopération étroite. Cette approche permettrait un rendement de chantier comparable au travail d’une grosse machine, et en plus, un haut degré de modularité. » Dans cette perspective, le Cemagref travaille notamment à l’adaptation du concept Vipa (Véhicules individuels publics automatisés) aux opérations agricoles. « Le but des Vipa, explique Michel Berducat, est de déposer un passager à son lieu de destination. Une fois la mission accomplie, les véhicules Vipa vides et proches géographiquement peuvent revenir ensuite en convoi à leur base initiale par un accrochage immatériel. »

Capacité à effectuer une moisson sélective
Ce retour à des dimensions moins gigantesques s’accompagne du recours aux outils de l’agriculture de précision. Le véhicule agricole serait autonome et équipé de capteurs permettant d’évaluer la maturité de la récolte. « Des capteurs permettant la caractérisation des sols, la rétention d’eau, la mesure du PH, et l’évolution de la récolte », explique Jean-Marc Bélot, du Cétim (Centre technique des industries mécanique). Ce concept de « moisson sélective » (on ne récolte que les pieds de plante arrivés à maturité) est développé dans d’autres laboratoires, comme l’explique Michel Berducat du Cemagref : « En Europe du Nord, de nombreux laboratoires étudient une autre alternative aux grosses machines basées sur l’utilisation de tout petits robots. Les premières retombées réelles ne sont pas prévues à court terme ! »

Respectueux de l’environnement
Le tracteur de demain sera également plus économe en carburant et plus propre. On constate déjà cette tendance avec les nouveaux modèles de tracteurs à l’heure actuelle. Massey Fergusson a, par exemple, lancé la gamme MF 8 600. Cette dernière permet de faire des économies de carburant car le moteur fonctionne avec un mélange de fuel et de solution urée. Mais elle permet aussi de moins polluer car le moteur est doté de la réduction catalytique sélective (SCR), afin de respecter les normes relatives aux émissions Tier 4 (lire encadré).

Utilisation d’un carburant « plus que pur »
« A plus long terme, explique Laurent Pernin, on envisage d’avoir recours aux énergies alternatives avec des tracteurs utilisant des biocarburants. » Un axe de recherche qui est au cœur du programme expérimental intitulé « 2nd Vegoil » et réunissant des laboratoires de recherches privés et publics. L’objectif du volet français de ce projet est de développer la filière « courte » ou locale d’huile végétale pure via la création d’un moteur John Deere fonctionnant à 100% à l’huile végétale pure. Ce carburant serait élaboré à partir de deux plantes : le Jatropha et la Camelina Sativat. « Le Jatropha donne des fruits non comestibles et pousse en zone aride sans véritable concurrence avec des cultures alimentaires, explique Charles Guillot directeur de la FRCuma Rhône-Alpes, association partenaire du projet. La Camelina Sativat est utilisée comme culture associée, notamment en agriculture biologique : elle offre une petite récolte de graines oléagineuses sans affecter le rendement de la culture principale (blé, pois…). Les concepteurs affirment que l’huile végétale issue de ces plantes est plus que pure, «Purest Plant Oil» en anglais, car elle est déminéralisée. Démarré le 1er août 2008, ce projet soutenu par la Commission européenne dans le cadre du 7e PCRD (Programme Cadre de Recherche et Développement), entend donc développer la culture de biomasse non alimentaire. Une réponse à la polémique actuelle sur les biocarburants.

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