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Le traiteur frais doit s’adapter aux nouvelles habitudes des Français

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Les consommateurs ont profondément modifié leur façon de se nourrir et de faire leurs courses depuis le début de l’année, avec des répercussions importantes pour les entreprises du traiteur frais. Celles-ci doivent faire évoluer leur offre et profiter des nouveaux canaux de distribution en plein essor.

Les Entreprises du traiteur frais (ETF), syndicat professionnel affilé à l’Adepale, a tracé les pistes de travail pour les prochains mois après une période de confinement au printemps qui a amené les Français à changer leur façon de travailler, d’acheter et de se nourrir. Avec le télétravail, les consommateurs se sont mis à la cuisine à la maison, amplifiant une tendance déjà observée. « De ponctuelle, la tendance à cuisiner à la maison est devenue durable », note Frédéric Nicolas, directeur Shopper Insights chez Iri, qui a interrogé les consommateurs au printemps et au cours de la dernière semaine de septembre. Les raisons avancées relèvent du prix et aussi du déficit supposé de naturalité des produits. « Il y a une alerte sur ces deux points », souligne-t-il. Même si 20 % de la population française a augmenté sa consommation de produits traiteur frais pour des raisons de praticité, rapidité, plaisir et variété de l’offre, 32 % a baissé ou arrêté sa consommation, car elle mange à la maison ou confectionne le repas qu’elle apporte sur le lieu de travail. Les raisons avancées par ces Français : meilleur pour la santé et le goût, plaisir de cuisiner et prix inférieur. Et ils se déclarent de plus en plus nombreux à vouloir davantage cuisiner à la maison à l’avenir.

Nouveau cycle de croissance

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Face à cette nouvelle donne, Philippe Rondeau, président du groupe GMS des ETF, voit « un nouveau cycle de croissance se profiler pour les produits du traiteur frais ». Pour s’en convaincre, il rappelle que l’année 2020 sera en croissance pour ces produits malgré le contexte particulier et que ces « produits sont essentiels pour les Français ». Toutefois, les industriels doivent répondre à ces nouvelles attentes. Ils pourraient ainsi profiter de l’essor de la pratique de la cuisine à la maison pour proposer des produits traiteurs qui entreraient dans la composition des recettes, notamment lorsqu’elles sont un peu compliquées. La fermeture des restaurants et leur moindre fréquentation lorsqu’ils ont été ouverts sont aussi une opportunité pour le traiteur frais livré à domicile, même si la livraison à domicile n’est pas utilisée par 60 % des Français qui lui reprochent notamment des tarifs trop élevés. Iri a identifié plusieurs « chantiers prioritaires » pour les entreprises du traiteur frais : élargir la gamme de produits et mettre au point des produits plus gourmands pour répondre à l’attente de plaisir identifiée chez les consommateurs, cibler les télétravailleurs qui sont aussi des consommateurs à fort pouvoir d’achat et qui pourraient être intéressé par des offres d’abonnement, et enfin, faire évoluer l’image des plats traiteur qui manquent de naturalité pour un grand nombre de consommateurs. En insistant sur la composition, la proximité avec les producteurs, la fabrication en France, l’emballage sûr et respectueux de l’environnement.

Autre piste : s’inscrire dans la forte croissance du drive, dont les plats traiteur frais ont profité entre janvier et septembre (+43 % des ventes) mais qui « restent encore sous-représentés en valeur, avec un indice 83/100 par rapport aux produits de grande consommation », note ETF. Sur ce canal de distribution, les clients regrettent le manque de choix, l’indisponibilité des produits (23 %) et l’ergonomie des sites empêchant de comparer les produits.