Après des ventes en fort recul au cours du confinement, le traiteur frais en grandes surfaces voit des signaux positifs dans l’attente des Français pour des produits plus locaux et plus proches du fait maison. Le désintérêt pour la restauration et la livraison à domicile pourrait être une opportunité à saisir pour les entreprises qui doivent mieux faire connaître ce qu’elles font déjà.
Après des ventes en fort recul au cours du confinement, le traiteur frais en grandes surfaces voit des signaux positifs dans l’attente des Français pour des produits plus locaux et plus proches du fait maison. Le désintérêt pour la restauration et la livraison à domicile pourrait être une opportunité à saisir pour les entreprises qui doivent mieux faire connaître ce qu’elles font déjà.
Le confinement a été marqué par des évolutions très contrastées pour les Entreprises du traiteur frais (ETF). Selon le syndicat professionnel qui s’appuie sur une étude commandée à IRI, « sur la période du 16 mars au 10 mai, les ventes ont ainsi diminué de l’ordre de 10,9 % en valeur pour le traiteur frais libre-service tandis qu’elles progressaient dans le même temps de 8,5 % pour le traiteur de la mer. » Certains produits comme les sandwichs se sont effondrés (-67,4 %) tandis que les pâtes ménagères ont fortement développé leurs ventes (+38,2 %). L’orientation est opposée à ce que connaissaient ces produits puisque les ventes du traiteur libre-service avaient augmenté de 0,6 % entre mars 2019 et février 2020, et celles de traiteur de la mer avaient reculé de 2,1 %.
Les Français en télétravail, appartenant aux CSP +, sont ceux qui ont le plus réduit leurs achats. Ils se sont mis à cuisiner à la maison, mais cette pratique ne devrait pas perdurer : « Moins d’un tiers des acheteurs (31 %) pensent continuer à davantage cuisiner après la crise », avance ETF. Le manque de variété et le temps consacré à trouver les ingrédients bruts sont les inconvénients avancés par les personnes interrogées au sujet de la cuisine à la maison. Autres raisons : faire ses courses en se concentrant sur l’essentiel et l’arrêt des réceptions, là aussi des phénomènes plutôt ponctuels.
À l’inverse, les catégories socio-professionnelles moins favorisées ont accru leur consommation car ils étaient obligés de se déplacer pour leur travail. Ces acheteurs qui ont davantage acheté ou qui ont découvert ces produits avancent aussi d’autres raisons : rapidité à cuisiner, praticité et source de variété. Ce qui fait penser à ETF que ces clients pourraient rester fidèles au traiteur.
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Parts d’estomac à prendre sur les restaurants
Autre raison de se rassurer pour les entreprises du traiteur frais : le retour vers la restauration qui se fait lentement. 45 % des personnes interrogées par IRI vont aller moins souvent au restaurant, et 14 % envisagent de ne plus y aller du tout. « Il y a sans doute des parts d’estomac à prendre sur la restauration », souligne Pascal Bredeloux, le président d’ETF. Pendant le confinement, les Français ont beaucoup moins fait appel aux services de livraison de repas confectionnés par les restaurants. À l’avenir, ETF se dit qu’il y a une carte à jouer en mobilisant les livreurs à domicile au profit des plats traiteurs des grandes surfaces, vendus en libre-service ou cuisinés en magasins. 42 % des sondés sont intéressés par cette idée.
Après le confinement, les attentes des consommateurs ont évolué. Ils attendent pour les deux tiers davantage de produits locaux et fabriqués en France. Et dans une moindre mesure (37 %), plus de produits biologiques et de produits moins chers. Plus d’un sondé sur deux estime que les mentions sans conservateurs, sans huile de palme, sans additifs, sans colorants et sans antibiotiques sont rassurantes. « Il faut encore mieux faire connaître ce que nous faisons déjà », insiste Pascal Bredeloux. ETF encourage ainsi ses adhérents à mieux justifier leurs prix et faire savoir ce qu’ils font en faveur des filières agricoles, de la nutrition ou de l’emploi dans les territoires.