À l’occasion de ses 40 ans, l’union de coopératives viticoles de Plaimont, située dans le Gers, sur les contreforts des Pyrénées, approfondit l’exploitation des richesses que lui offre son terroir, à commencer par la biodiversité de ses cépages, ont indiqué ses dirigeants le 28 septembre. Elle héberge le plus important conservatoire de cépages privés homologué en France et ouvrira prochainement un hôtel et un restaurant pour l’accueil des visiteurs.
Longtemps consacré à l’armagnac et aux vins de Gascogne bas de gamme, le vignoble de Plaimont connaît une renaissance viticole depuis la création de l’union de coopératives de Plaimont, en 1979, en misant sur les spécificités de son sol, sur l’originalité de ses cépages et sur son savoir-faire, acquis par des recherches ampélographiques (études des cépages). Couvrant les principales appellations du piémont pyrénéen, cette union de coopératives aux 800 vignerons et 200 salariés a réaffirmé le 28 septembre cette orientation.
Lancement en grande distribution d’un assemblage de manseng noir au printemps 2019
Grâce aux recherches qu’elle mène dans son conservatoire planté en 2002, elle s’apprête à lancer en grande distribution un assemblage de merlot et de manseng noir au printemps prochain, a annoncé Olivier Bourdet-Pees, directeur général. Ce conservatoire de 37 cépages, tous autochtones, développera d’autres assemblages. Pas question de produire du vin de cépage : « Nos produits ne seront jamais nos cépages. Un cépage n’a tel goût que parce qu’il a poussé à tel endroit », a fait remarquer Olivier Bourdet-Pees, affirmant la prépondérance du terroir et du savoir-faire du viticulteur. Les assemblages permettent d’associer harmonieusement les qualités complémentaires des différents cépages.
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La coopérative mise sur un autre cépage autochtone, le tardif, vendangé tardivement, quand commencent les pluies automnales. « Nous voulons réapprendre à connaître les cépages régionaux », a poursuivi Nadine Raymond, directrice du conservatoire. Les travaux du conservatoire ne s’arrêtent pas à l’ampélographie, cette branche de la botanique qui identifie, nomme et classe les cépages. « Nous réfléchissons avec 50 vignerons engagés dans la démarche de lutte contre le dépérissement du vignoble aux meilleures méthodes de taille de la vigne. »
Pour prolonger ce travail de la qualité spécifique, l’union de Plaimont aménage le monastère de Saint Mont, aujourd’hui désaffecté, pour en faire un hôtel de 11 chambres et un restaurant de 45 couverts, à destination des particuliers et dans la perspective de séminaires organisés à l’union de coopératives. L’hôtel et le restaurant seront ouverts au printemps prochain.
« Un cépage n’a tel goût que parce qu’il a poussé à tel endroit »