Le CIVB met en avant de nouveaux produits qui visent à accroître la désirabilité du vin. En ciblant des réseaux plus sélectifs, l’interprofession veut relancer la consommation.
Déclinaison de couleurs dans des appellations, relance d’un rouge léger, davantage de blancs... Voici « les nouveaux visages » de Bordeaux, que sont venus présenter à la presse le 24 mars des représentants du vignoble, qui lance de nouveaux produits face à la déconsommation. « Bordeaux depuis cinq ans vit dans la tourmente de la crise viticole », frappé par un moindre engouement pour le vin rouge et le repli des marchés chinois et américain, a souligné Bernard Farges, président du CIVB (interprofession). Sous l'effet de plans d'arrachage « nécessaires », le vignoble est « en profonde mutation, avec des changements durs » : ses surfaces ont déjà été amputées de 20 000 ha et 10 000 ha supplémentaires sont prévus dans l’année. Mais « nous avons des actions plus positives : comment mieux partager nos vins, travailler sur la recherche de nouveaux consommateurs, adapter nos produits à de nouvelles attentes », a-t-il ajouté, évoquant « une dynamique collective forte, décidée, dans des réunions parfois houleuses, avec la volonté de construire et innover ».
Le claret remis au goût du jour
Plusieurs lancements sont annoncés. Une appellation médoc blanc a été créée, qui verra ses premières bouteilles commercialisées en avril. Cela concerne près de 30 producteurs, avec un volume d’environ 210 000 bouteilles pour la récolte 2025. « L’idée est de recréer de la surprise, sortir du stéréotype du médoc rouge des grands repas », explique Hélène Larrieu, directrice de l’ODG médoc. D'autres, comme saint-émilion, envisagent aussi une déclinaison en blanc. La tendance participe à une diversification au sein du vignoble. En hausse, les blancs secs grignotent des volumes, à 9 % en 2025 contre 8,5 % en 2016, quand le rouge descend à 82 % (contre 85 %). La couleur dominante innove elle aussi avec deux lancements. L'entre-deux-mers intègre désormais du rouge (37 vignerons, 6 600 hl en 2025), tandis que l'on relance le claret (une quarantaine de producteurs, plus de 16 000 hl), un vin léger à boire frais.
Pour accroître la désirabilité du produit, le CIVB mène en parallèle des actions sur le plan commercial. Sa stratégie est orientée vers les « réseaux sélectifs » et les 25-45 ans. En revenant au contact des cavistes, bars et restaurants, les bordeaux espèrent ensuite attirer les nouvelles générations dans les rayons des supermarchés (54 % des ventes). Une campagne de formation est ainsi proposée aux producteurs et négociants pour qu’ils défendent le vignoble lors d’opérations. Pour la première fois, un stand Bordeaux sera présent au salon Vinitaly de Vérone en avril, « pour montrer non seulement aux Italiens mais aussi aux Américains très présents que Bordeaux change fortement dans ses approches de marché », a illustré le négociant Jean-Pierre Durand.
JCD