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VOLAILLE/RÉSULTATS Le volailler LDC plus prudent sur le second semestre

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VOLAILLE/RÉSULTATS > LDC, le leader de la volaille, a annoncé de bons résultats sur le premier semestre, marqué notamment par l'intégration des activités reprises au groupe Avril et le retour aux profits du pôle traiteur. La prudence est de mise pour la seconde moitié de l'année, compte tenu du contexte. En revanche, le groupe est en avance sur son plan d'investissements dans ses outils de production.

Dans un contexte « matière première » plus favorable et des premiers effets liés à l'intégration des activités volailles reprises à Avril (ex-Sofiprotéol), le groupe LDC a annoncé de bonnes performances pour le premier semestre 2015/2016 (exercice clos le 28 février). Son chiffre d'affaires a progressé de 15,7 % (+ 2,1 % à périmètre identique) à 1,68 milliard d'euros, alors que les tonnages commercialisés ont fait un bond en avant de 25,1 % à (+3,6 % à périmètre identique) à 412 400 tonnes. Une croissance moindre en valeur témoignant d'un effet prix moins élevé chez Glon-Sanders. Le résultat d'exploitation courant (ROC) du groupe grimpe de 17,4 % à 82,3 millions d'euros (soit 4,9 % du chiffre d'affaires, contre 4,8 % un an plus tôt). Ce chiffre intègre 6 millions d'euros liés à l'application d'une nouvelle norme comptable (IFRIC 21) « dont l'effet sera neutre sur l'ensemble de l'exercice », ont précisé les dirigeants de LCD.

DES OUTILS POUR RECONQUÉRIR LES IMPORTATIONS

Dans la volaille (78 % de l'activité totale), le groupe continue de faire mieux que le marché en GMS, avec une croissance volume de 2,2 % de mars à août 2015 (contre un recul de 1 % pour le marché) soutenue par ses trois marques phares (Loué, Le Gaulois et Maître Coq). L'intégration des activités Sanders (groupe Avril) au sein de la Société bretonne de volaille (SBV) apporte non seulement du tonnage, mais permet également le déploiement des activités dans les PAI (produits alimentaires intermédiaires) dont les volumes font un bond en avant de 138,3 % sur le premier semestre 2015/2016 (par rapport à la période correspondante). Sur ce point, rappelant que 40 % du poulet standard étaient importés en France, Denis Lambert, le président de LDC, a souligné l'importance « pour nous d'avoir les outils pour reconquérir ses clients ». De fait à l'horizon 2018, le groupe a « pour ambition de reconquérir 20 % de ces importations, soit 300 000 poulets par semaine, en maintenant un ROC d'au moins 3 % » sur le chiffre d'affaires. Glon permet aussi d'équilibrer et d'internationaliser le mix client du groupe. Après la signature d'un partenariat avec Bonduelle pour l'utilisation du poulet Le Gaulois dans ses salades, LDC reçoit d'autres demandes de la part d'industriels eux aussi intéressés par l'utilisation de poulet français. « Nous allons avoir en Bretagne des outils très spécialisés sur les produits cuits à destination de l'industrie », a encore ajouté Denis Lambert. Cette reconquête passe par une poursuite des investissements sur lesquels LDC met les bouchés doubles. La moitié des 35 millions budgétés en 2015 sur le site SBV ont déjà été investis au premier semestre. De fait, sur les 100 millions d'investissements initialement prévus sur cinq ans, 95 millions auront déjà été investis d'ici à 2016.

RETOUR AUX PROFITS DANS LE TRAITEUR

En Pologne, l'intégration de Drop s'est elle aussi effectuée comme prévue, mais a pesé sur le ROC de la division au premier semestre qui s'inscrit à 3,2 millions (contre 3,6 M€ au premier semestre 2014/2015). « Il faudra attendre un ou deux exercices avant le redressement des résultats de Drop », a prévenu Denis Lambert. A noter que le groupe est également en cours d'intégration d'une fabrique d'aliments. Une opération qui lui permettra de sécuriser ses approvisionnements.

En revanche, dans le traiteur (marques Marie, Tradition d'Asie), la bonne nouvelle provient du ROC qui redevient positif pour la première fois au premier semestre depuis deux ans, à 1,8 million d'euros (contre une perte de 0,9 M€ en 2014/2015). Outre un bon niveau d'activité, la performance sur les six premiers mois de l'exercice témoigne aussi de l'impact des mesures industrielles engagées.

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UN BILAN SOLIDE

Fort de ces performances, LDC affiche une structure financière toujours solide avec une trésorerie nette de 147 millions d'euros pour 855 millions de fonds propres. De quoi lui permettre de poursuivre son programme offensif d'investissements pour les trois ans à venir. Sur l'exercice 2015/2016, c'est donc pas moins de 160 millions d'euros qui seront consacrés à l'amélioration de l'outil industriel. 82 millions ont déjà été réalisés sur les six premiers mois, dont 73 % dans la volaille et 16 % dans le traiteur, financés par la CAF qui a grimpé de 9,2 % au premier semestre 2015/2016, à 99,8 millions d'euros. LDC compte retrouver en 2018 un niveau plus habituel d'investissements autour de 100 millions. Quant à une éventuelle acquisition, elle se portera « en priorité à l'international et si le traiteur confirme ses bons résultats, nous allons retrouver de l'appétit pour ce pôle, dans tout ce qui nous permettrait d'offrir des synergies, d'être plus fort dans nos univers ». Et de préciser qu'aucun projet en ce sens n'est à l'étude actuellement.

PRUDENCE SUR LA SECONDE MOITIÉ DE L'EXERCICE

Après un excellent second semestre 2014/2015, et compte tenu d'un effet de base moins favorable sur les céréales, mais aussi de l'incertitude sur la réalisation des ventes de Noël et du Nouvel An Chinois, les dirigeants sont prudents sur le second semestre 2015/2016. LDC prévoit un résultat opérationnel courant supérieur à 150 millions d'euros, « une performance satisfaisante compte tenu du contexte », a précisé Denis Lambert. À noter que le résultat du pôle traiteur devrait dépasser 5 millions d'euros. Le groupe a par ailleurs confirmé la reprise des activités de transformation de volaille du groupe coopératif français Agrial, qui concerne deux sites de transformation de poulet et de dinde basés à Chailland (Mayenne) et Plumetot (Calvados) ainsi qu'une société de transport spécialisée (Agra Alimentation du 8 octobre 2015). L'accord doit encore obtenir l'accord de l'Autorité de la concurrence.

Le groupe qui fête ses 20 ans de présence en Bourse a fait l'objet de dégagements bénéficiaires à l'occasion de la publication des résultats semestriels, après, il est vrai, un bon parcours du titre ces derniers mois. LDC gagne plus de 45 % depuis le premier janvier. PDf