« Un recul inacceptable » pour la fondation Hulot, « une régression écologique majeure » pour Greenpeace, ou encore « un contre-sens historique ». La réaction des associations de protection de l’environnement n’a pas tardé face aux résultats du vote en première lecture du texte sur les néonicotinoïdes par les députés le 6 octobre. « Les députées et députés ouvrent la boîte de pandore et réaffirment la grande dépendance de notre agriculture aux pesticides, et ce, à l’heure où l’état de la biodiversité est au plus mal », résume la Fondation Nicolas Hulot dans un communiqué.
Autre motif d’incompréhension du secteur associatif : l’absence de débat sur les alternatives. Car si de nombreux partis et organisations ont fait l’effort de mettre sur la table des propositions et des plans pour éviter ce texte, aucune n’a semblé pour les opposants mériter le temps du gouvernement. « On a l’impression que le débat public n’a pas eu lieu, alors qu’il était clé », confie Caroline Faraldo, responsable agriculture et alimentation au sein de la FNH.
Comme Jean-Luc Mélenchon, elle regrette, elle aussi, l’absence de la ministre de la Transition écologique lors des débats. « Barbara Pompili n’est nulle part, et on trouve ça extrêmement dangereux. Cela montre que les questions agricoles et alimentaires restent la chasse gardée de la rue de Varenne », analyse Caroline Faraldo. Pour elle, les signes d’apaisements lancés par le gouvernement ont aussi été au moins aussi maladroits que le texte lui-même. « C’est aberrant de lancer un plan pollinisateur au moment où on réautorise ces insecticides », s’agace Caroline Faraldo.
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Mais pour la FNH, la bataille n’est pas perdue, et l'organisation reste mobilisée pour interpeller les sénateurs sur le texte. D’autres, comme Générations futures, préparent déjà la suite. « Si cette loi est définitivement votée, probablement en novembre, Générations Futures agira sur le plan juridique pour faire annuler cette décision inacceptable », prévient déjà François Veillerette, directeur de l'association.
« Générations Futures agira sur le plan juridique »