Près d’un siècle après le début de la production de whisky au Japon, l’Association japonaise des producteurs de spiritueux et de liqueurs (JSLMA) vient de franchir une étape dans la régulation du secteur. Alors qu’il suffisait jusqu’à présent qu’un whisky soit embouteillé au Japon pour être étiqueté comme japonais, les producteurs réunis au sein de la JSLMA ont décidé de mettre au point un cahier des charges. Une réponse à des dérives observées ces dernières années. « La pénurie de whiskies âgés a poussé des distilleries à faire du world-whisky, en mélangeant des whiskies écossais et locaux sans toujours en informer le consommateur », résume la spécialiste Anne-Sophie Bigot. « L’image du whisky japonais se détériorait. » Sous pression, les 83 distillateurs réunis au sein de la JSLMA ont décidé de « clarifier une source de confusion » pour leur clientèle étrangère.
En plus d’obliger l’utilisation de céréales maltées et d’eau du Japon, les nouvelles directives stipulent que toutes les étapes de l’élaboration du whisky, de la saccharification à la mise en bouteille, doivent avoir lieu au Japon. Enfin, le whisky devra être vieilli en fûts de bois au moins trois ans au Japon et contenir un minimum de 40% d’alcool lors de la mise en bouteille. Un whisky ne respectant pas ces règles ne pourra pas porter les mentions « japonais » ou « nippon » sur son label, ni tout autre mot évoquant le Japon.
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Si ces règles, en vigueur dès le 1er avril, sont pour l’instant sur la base du volontariat, elles pourraient devenir le standard pour l’industrie dans tout le pays. Les producteurs comme Kirin, Suntory et Nikka ont jusqu’en mars 2024 pour se mettre aux normes. Nikka, filiale d’Asahi et pionnier du whisky sur l’archipel, a d’ores et déjà annoncé qu’il ferait désormais la distinction entre ses whiskies japonais et les autres.