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Focus Australie L’eau, un enjeu incontournable pour l’avenir de l’élevage australien

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La gestion de l’eau est le facteur limitant de l’élevage libéral australien, extrêmement présent sur le marché international. Alors qu’il y aurait urgence à trouver une entente sur la politique intérieure à mener, la question divise le gouvernement fédéral et les Etats du sud de l’Australie.

«C’est tout le résumé de ma vie. Utiliser l’eau et la combattre », témoigne un agriculteur australien dans Histoires d’eau (Australie), diffusé en 2009 sur Arte. Un constat symptomatique du mal qui ronge l’élevage du pays. Historiquement, l’Australie a été touchée par deux périodes de sécheresse qui se sont accompagnées d’un déclin significatif de l’élevage, tant allaitant que laitier. Et pour cause, l’élevage est très dépendant de la production d’herbe et de céréales. Sans eau, ces productions ne permettent plus de subvenir aux besoins des troupeaux et les éleveurs décapitalisent. Contre toute attente, ce ne sont d’ailleurs pas les grandes cultures qui consomment le plus d’eau d’irrigation, mais l’élevage laitier. Concentré à 65% dans l’Etat de Victoria au Sud-Est du pays, cette production s’est développée dans l’une des parties les plus arides du pays. Malgré ces conditions climatiques difficiles, l’élevage australien s’est tourné vers une alimentation à l’herbe. Pour nourrir ses troupeaux, la filière n’a pas hésité à s’appuyer sur des prairies artificielles qui ne peuvent subsister sans un apport en eau en provenance du Nord du pays. Ce n’est d’ailleurs pas uniquement la sécheresse qui a frappé l’Australie durant les années 2000 qui a handicapé le secteur, mais bien la politique d’irrigation du pays qui s’en est suivie. Entre 2005 et 2010, la Commission nationale de l’eau australienne a réduit jusqu’à plus de 50% les allocations d’eau aux éleveurs laitiers.

Une politique de l’eau qui partage

Sans eau, les exploitants n’ont pas pu maintenir leur niveau de production. Nombre d’entre eux ont fait faillite malgré le rachat massif de leurs droits sur l’eau par les pouvoirs fédéraux. Le budget du Programme de paiement de secours au titre de circonstances exceptionnelles s’est élevé à 0,93 milliards de dollars américains entre 2002 et 2007. De 2005 à 2009, un autre programme (Water Smart Australia) de 700 millions de dollars était destiné à favoriser l’installation de canalisations dans les zones agricoles, à recycler les eaux usées et à améliorer la gestion de l’eau. Cette politique ne vaut de surcroît qu’en période de sécheresse et s’inscrit dans une gestion ponctuelle de la ressource en eau. À plus long terme, les divergences politiques entre le gouvernement fédéral et les Etats rendent imprévisible la gestion de l’eau dans les années à venir. En 2012, le plan de gestion de la rivière Murray visant à protéger le débit de ce cours d’eau (le plus grand d’Australie) avive les clivages. Le plan développé par le gouvernement fédéral ne satisfait pas les États, qui exigent une étude sur les coûts et les bénéfices de la protection de débit de la rivière. Le plan est toujours en consultation publique.

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