Selon les dernières prévisions du CIC, la récolte mondiale de blé pour 2007 serait moins bonne que prévu, la consommation conservant un niveau élevé. En maïs, production et consommation sont revues à la hausse. Les chiffres du rapport confirment les tensions à venir sur le marché mondial des céréales.
Pourquoi s’inquiéter ? Dans ses dernières prévisions, le CIC (Conseil international des céréales) estime la moisson mondiale de blé pour 2007 à 621 Mt, ce qui en ferait la seconde plus forte récolte mondiale jamais enregistrée. Sauf que ce chiffre s’inscrit en retrait de 2 Mt par rapport à l’estimation du mois dernier. Le conseil envisage des rendements réduits en Europe et au Maroc, que la hausse des prévisions de récolte aux Etats-Unis, en Iran, en Chine et en Inde ne viendra pas compenser. Et surtout, la consommation mondiale s’annonce en hausse de 2 Mt par rapport au mois d’avril, soit 14 Mt de plus que l’an passé. « La demande américaine pour l’alimentation animale devrait augmenter, car les prix élevés du maïs vont dissuader les utilisateurs », indique le CIC dans son rapport. Aucune amélioration n’est envisagée du côté des stocks, toujours prévus à leur plus bas niveau depuis la campagne 1980/1981. Les tensions sur l’offre chez les cinq principaux exportateurs traditionnels que sont l’Argentine, l’Australie, le Canada, l’Europe et les Etats-Unis devraient faire la part belle aux pays de la mer Noire. « Ils devraient exporter 23,5 Mt de blé, un plus haut depuis cinq ans », signale le rapport. Au final, ils assureraient 22 % des exportations mondiales.
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Tendu aussi en maïs
En maïs, les opérateurs ont intégré depuis longtemps un large déficit entre offre et demande, que le CIC confirme une fois de plus ce mois-ci. Si le conseil relève ses estimations de production de 5 Mt concernant la moisson 2007, qui atteindrait 751 Mt, il augmente également les chiffres de la consommation : + 6 Mt, à 761 Mt. Malgré les forts courants de demande qui existent au sein même des pays producteurs, tel les Etats-Unis, les échanges devraient exploser, à 84 Mt. Comme en blé, les stocks de fin de campagne s’annoncent très bas. Quelle que soit la céréale, les acheteurs devront intégrer une autre variable, haussière, elle aussi : le fret. Les prix mondiaux n’ont pas de raison de baisser pour le moment.