Michel-Édouard Leclerc et Intermarché ont annoncé le 9 février qu'ils allaient boycotter les futures discussions gouvernementales sur les filières agricoles, afin de protester contre l'adoption d'un amendement à la loi Macron, limitant la durée des contrats d'affiliation des commerçants indépendants. Une réunion est prévue mercredi à l'heure où nous mettons sous presse – et non plus vendredi comme annoncé précédemment – autour du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et de la secrétaire d'Etat chargée du Commerce Carole Delga, pour discuter notamment de la filière lait. Les deux enseignes de distribution ont annoncé à l'AFP avoir décliné l'invitation du gouvernement à y participer, ainsi que toutes celles qui suivront, tant que l'amendement 1681 ne sera pas retiré, confirmant des informations parues dans le magazine LSA. Cet amendement, adopté par l'Assemblée nationale dans le cadre de l'examen du projet de loi Macron, prévoit de limiter à neuf ans les contrats d'affiliation entre les commerçants indépendants et les grandes enseignes de distribution.Le gouvernement estime notamment que la durée trop longue de ces contrats nuit à la concurrence. « Il faut que le gouvernement détermine si nous sommes nuisibles ou profitables à l'économie française », s'insurge Michel-Édouard Leclerc. « C'est quand même gonflé de sa part de venir nous demander notre aide pour soutenir les filières, alors que dans le même temps, il soutient un amendement qui vise à fragiliser le commerce indépendant dans son ensemble au profit des grands groupes de distribution intégrés, comme Carrefour, Casino ou Auchan », a déclaré le dirigeant des centres Leclerc.
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Solidaire de cette démarche, Intermarché avait estimé dès le 2 février qu'avec cet amendement, « les députés avaient voté les conditions du démantèlement à court terme du commerce indépendant ». Dans un communiqué, le groupement qui sera le plus affecté par cette décision expliquait que du fait « de l'incertitude économique que va créer la loi Macron, la pérennité même de l'action du groupement, en faveur du développement industriel et l'aménagement des territoires, serait menacée. Le rachat de l'abattoir Gad qui a sauvé 530 emplois l'été dernier, et l'acquisition de Dhelemmes, qui a permis aux chalutiers de cet armement de rester sous pavillon français, ne seraient, par exemple, plus possibles », a ainsi expliqué Intermarché.