Le 17 mai, la Fédération nationale bovine a dénoncé, par des actions dans des magasins E. Leclerc, le non-respect d’un accord, passé l’an dernier, visant à mieux segmenter la viande de vache allaitante et à améliorer la rémunération des éleveurs.
D’après la Fédération nationale bovine (FNB), les distributeurs Intermarché et E. Leclerc ne jouent pas le jeu de la démarche « Cœur de gamme » alors que ces derniers ont signé un engagement pour intégrer celle-ci mi-septembre. Dans ce sens, Éric Chapelle, directeur de la FNB, avait confirmé le 16 mai une mobilisation syndicale le lendemain dans plusieurs régions de France (Auvergne, Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine, Bretagne, Normandie, Bourgogne-Franche-Comté, etc.) et notamment à Paris. Il évoque « un coup de semonce », « une action très propre pour juste dire aux consommateurs de chez Leclerc qu’il ne respecte pas ses engagements et qu’il vaut mieux aller chez Carrefour ».
Du côté d’Auchan, de Casino ou de Super U, « ces enseignes font au moins preuve de bonne volonté », soulignait-il. Et de fait, le 17 mai, plusieurs éleveurs se sont déplacés dans divers centres E. Leclerc. À Alençon, une vidéo, diffusée le jour même sur le site de l’Orne Hebdomadaire, dévoile Victorien Girard, responsable viande des Jeunes agriculteurs de l’Orne, montrant au directeur du magasin, le mélange de viandes d’origine allaitante et laitière dans un même bac. Or la démarche « Cœur de gamme » vise à introduire une segmentation dans les viandes bovines afin de mieux rémunérer les éleveurs de vaches allaitantes.
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Un manque de 400 à 450 € par bovin abattu
Pour Bruno Dufayet, président de la FNB, le respect de l’accord « Cœur de gamme » ou « éleveur responsable » signé par la plupart des grandes enseignes, rapporte à l’éleveur 400 à 450 € de plus par animal vendu, soit 25 % de recettes supplémentaires. Il s’agit de « la différence entre travailler à perte et rémunérer les coûts de production », estimait-il. Près de 7 000 à 8 000 bovins sont abattus par semaine et répondent aux critères « Cœur de gamme », selon lui. Mais seuls 2 500 bovins sont valorisés en conséquence. Si cette situation ne peut être imputable à une seule enseigne, il souligne que « Leclerc pèse un quart de la viande bovine vendue en grande surface ». Mais il tempère : « Certains magasins Leclerc ont fait le choix d’appliquer la démarche […] seulement, ce n’est pas le cas des centres Leclerc en général », d’où cette piqûre de rappel. Interrogé par l’AFP, Leclerc a affirmé être « désormais en tête des distributeurs de races à viande en France ». Il a mis en avant « la généralisation partout en France d’une démarche “Alliances Locales” avec les producteurs », qui propose « des accords durables entre des éleveurs locaux et les magasins » et permet « une meilleure valorisation du prix payé à l’éleveur et pour le consommateur d’accéder à une offre de proximité, locale ou régionale ».