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Stratégie Leclerc a progressé en 2002 mais privilégie les investissements dans le non-alimentaire

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Leclerc a progressé en 2002. Pour continuer sur cette lancée, le groupement d'indépendants a annoncé une grande offensive sur les prix cette année. Constitué principalement d'hypermarchés, le groupement mise sur le développement de ses rayons non-alimentaires.

Les Centres E.Leclerc estiment avoir réalisé une « très bonne année » en 2002. Reconnaissons qu'ils ont en effet ont largement « surperformé » l'indice de la profession – l'indice FCD s'est établi à +1,3% pour les hypers et +2% pour les supermarchés en 2002. Avec une croissance de son chiffre d'affaires de 5%, à 26 milliards d'euros, le groupement a enregistré une performance à mi-chemin entre celles de Casino (6%) et de Carrefour (1,8%), en France, en 2002, à périmètre constant. Résultat : les Centres E. Leclerc ont accru leur part de marché. Elle s'établit à 16,8%, selon le groupement. Le développement à l'international est en revanche peu significatif. Le chiffre d'affaires réalisé hors des frontières de l'Hexagone reste faible (3%). Mais une dizaine de projets de 2 500 à 5 000 m2 sont en cours, ou en voie de réalisation, dans tous les pays où le groupement est implanté (Pologne, Espagne, Portugal, Italie et Slovénie). En Italie, où une alliance a été conclue au début de l'année dernière avec les indépendants Conad pour développer des hypers et des marques propres, l'ouverture de six magasins est prévue d'ici au printemps 2004.

Politique de prix agressive

Les produits alimentaires ont vu leur CA progresser de 4,9% « du fait de la revitalisation de ces rayons (modernisation des magasins, développement du service en traditionnel, approfondissement des gammes, investissement dans les labels et les signes de qualité) », a souligné le groupe. Mais certains rayons, comme la volaille (-6,3%), ont connu un recul dû à des baisses de prix, qui ont néanmoins été compensées par une forte hausse des rayons poissonnerie (8,5%) et, après trois ans de crise, par la boucherie (6,4%).

Leclerc prévoit d'intensifier sa politique promotionnelle fondée sur le « Ticket Leclerc », permettant le remboursement d'une partie des achats et utilisé par 75% de ses clients. Le groupement en 2003 vise aussi 6,6 millions de cartes de fidélité. Le groupement prévoit aussi de développer sa gamme de produits premiers prix commercialisés sous la MDD « Eco+ » ( y compris en Italie).

Pour continuer sur la lancée des résultats 2002, et dans la prévision de « bonnes perspectives en 2003 », le groupement d'indépendants compte intensifier ses efforts sur les prix et investir cette année « dans une politique de prix et de promotion encore plus agressive ».

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Il prévoit également d'accroître sa diversification, « surtout dans le non-alimentaire ». Et pour cause : ces rayons ont enregistré les meilleures progressions. En 2002, leurs ventes ont crû de 5,3%, notamment le textile (3,2%) mais surtout les produits blanc/brun (électroménager, informatique) avec une hausse de17,3%, le voyage (17,9%) et les espaces culturels (17,1%).

« Inflation des marques nationales »

Principalement constitué d'hypermarchés, le groupement des Centres E.Leclerc a depuis quelques années multiplié les concepts. En plus de ses 414 hypers (de 4 100 m2 en moyenne), ses 111 supermarchés (de 2 300 m2 en moyenne) et ses 146 cafétérias, il compte également 223 « Manège à Bijoux », 81 parapharmacies, 97 magasins de bricolage/jardinage, 55 espaces culturels, 112 agences de voyages, 73 centres L'Auto et 33 magasins spécialisés dans les vêtements, et 471 stations-service. Ces stations-service contribuent au chiffre d'affaires du groupement pour un total en carburants de 3,9 milliards d'euros, occupant 10,2% du marché français de l'essence et 7,25% du gazole. La filiale pétrolière du groupement, Siplec, qui approvisionne aussi de nombreuses stations Système U, est d'ailleurs devenue le deuxième opérateur pétrolier en France derrière TotalFinaElf.

Leclerc va donc accélérant le développement du non alimentaire en déclinant ses concepts spécialisés dans les galeries marchandes de ses hypers. Il va ainsi procéder au lancement d'un concept sports-loisirs, sur le modèle de ses Espaces Culturels. Une cinquantaine de projets est déjà programmée d'ici 2005 et trois premières unités verront le jour cette année.

Rappelons que les produits alimentaires représentent tout de même encore 60 % des ventes des Centres E.Leclerc et, même si le groupement veut cette année « massivement » investir dans le non-alimentaire, ces rayons continueront de peser lourd dans ses résultats. Les Centres E.Leclerc comptent d'ailleurs sur les négociations commerciales effectuées dans le cadre de l'accord Ania/FCD, auquel il a souscrit, pour « permettre à l'enseigne d'être encore plus offensive sur le prix des grandes marques nationales ». « Le mouvement de hausse a été contenu dans les Centres E.Leclerc. L'inflation des marques nationales y était de 2,2% alors que le total France affichait 2,46% d'augmentation de janvier à novembre. En 2003, une certaine limitation des marges-arrière devrait donner encore plus de possibilités de vendre moins cher », a précisé le groupement.