A-t-on tiré les leçons de 2008 ? Cette année-là, à la faveur de la fameuse flambée des prix, les investissements agricoles avaient explosé. Et puis, retournement de situation, les prix se sont ensuite effondrés et nombreux sont les agriculteurs qui sont restés avec des emprunts sur les bras, en grande difficulté pour les rembourser.
Aujourd’hui, c’est, de nouveau, une exceptionnelle croissance des investissements qui est constatée. Pardi, les prix agricoles sont bons et pour ceux qui ne sont pas empêchés par des intrants hors de prix, l’achat d’une nouvelle machine est tentant.
Imperceptiblement, certains changements de comportements sont perçus. Les acheteurs hésitent plus. Certains tentent d’avoir recours à de nouveaux outils anti volatilité des trésoreries. Mais ils sont encore rares.
Pourtant, une des conséquences de la nouvelle Pac qui commence à être discutée portera bien sur le comportement d’investisseur des exploitants français. Il ne peut plus être question de s’endetter en tablant avec certitude sur des prix en hausse. Il ne peut plus être question d’acheter de nouvelles machines simplement pour l’effet que cela donne ou pour la fierté d’avoir le modèle dernier cri. Il faut mesurer très précisément le progrès qu’elle amène au regard de son coût. Il faut, également, gérer la volatilité donc faire, autant que possible, les bonnes années, des réserves financières, les placer, avoir une véritable gestion de trésorerie. Peut-être, les centres de gestion, chambres d’agriculture et toutes les institutions qui conseillent les agriculteurs devraient-ils recruter des spécialistes en gestion financière. La finance a mauvaise presse ces temps-ci. Mais c’est un outil qui peut être diablement utile.