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Acrylamide/Santé L’EFSA demande des efforts à l’industrie pour réduire les taux d’acrylamide

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C’est avec un sentiment mitigé que les boulangers industriels de l’UE ont accueilli le dernier rapport 2012 de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA en anglais) sur les taux d’acrylamide présents dans les aliments dans 25 pays européens. Si en effet le pain « normal » (blanc, complet, bio, etc.) s’en sort tout juste, il n’en est pas de même de son cousin le pain destiné à être grillé comme les fameux « knäckebrot suédois » ou encore les « crispbread » britanniques qui accusent des taux assez conséquents en acrylamide, un contaminant chimique généré durant la transformation des aliments et qui est soupçonné de provoquer des cancers et d’endommager le matériel génétique des cellules. Les boulangers industriels ont dit avoir compris le message de l’EFSA et promis de faire des efforts...

Pas trop déçue, la secrétaire générale de l’Association internationale de la boulangerie industrielle (AIBI), Suzanne Döring, quand elle commente pour Agra Alimentation le rapport annuel 2012 de l’Autorité européenne de sécurité des aliments sur les taux d’acrylamide présents dans les aliments des 25 pays étudiés : « Même si le pain figure dans les produits alimentaires qui posent des problèmes quant à leurs taux élevés en acrylamides (1), les niveaux relevés par l’EFSA concernant le pain normal amènent à qualifier les résultats de “relativement bons” ». Le seul bémol, ce sont les pains très fins comme les “crisp bread”, les “knäckebrot suédois” et autres “croustipains” qui ont enregistré des taux élevés d’acrylamides ». La responsable de l’AIBI regrette que malgré les efforts de l’industrie de la boulangerie, « les résultats en matière d’acrylamide sont encore insuffisants ». Et de rappeler que les boulangers industriels européens se sont joints « depuis le tout début » aux efforts visant à réduire les niveaux d’acrylamide. En collaboration avec FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie alimentaire européenne, l’AIBI a en effet élaboré et révisé la « Acrylamid Tool Box» (boîte à outils acrylamide) et diffusé des brochures sur les meilleures pratiques pour minimiser la formation de l’acrylamide dans le pain. L’AIBI a également pris soin d’exhorter les consommateurs « à ne pas diminuer leur consommation de pain ni de céréales, à ne pas changer leur régime alimentaire ou les méthodes de cuisson de leur aliments mais à suivre plutôt les instructions de cuisson figurant sur les étiquettes des produits ». Toutefois l’industrie de la boulangerie dit avoir saisi le message de l’EFSA : « Tous nos efforts ne semblent pas suffisants, alors nous allons demander des efforts supplémentaires à nos membres afin d’encore réduire les taux d’acrylamide dans nos pains », nous a affirmé Suzanne Döring.

Taux d’acrylamide dans les aliments globalement inchangés entre 2007 et 2010

L’Autorité européenne de sécurité des aliments a publié son rapport annuel sur les taux d’acrylamide présent dans les aliments dans 25 pays européens. Le rapport couvre la période de surveillance 2007-2010 et ne révèle aucun changement majeur comparé au dernier rapport pour la majorité des catégories d’aliments évaluées. Le rapport note également que depuis 2008, « le nombre de résultats soumis par les États membres à l’EFSA a chuté, limitant la fiabilité de l’analyse des tendances ». Il s’agit du quatrième rapport annuel sur la surveillance de l’exposition à l’acrylamide présent dans les aliments élaboré par l’EFSA depuis 2009. Il a été rédigé par l’unité Surveillance alimentaire et chimique de l’EFSA en se basant sur quelque 13 000 points de données sur les taux d’acrylamide dans les aliments. Depuis 2008, le nombre de résultats analytiques soumis à l’EFSA a diminué. Au cours de l’année de surveillance 2010, seuls deux tiers en moyenne du nombre minimum d’échantillons requis par la Commission européenne par catégorie d’aliment ont été soumis. Les résultats ont révélé des tendances à la baisse pour les taux d’acrylamide dans la catégorie des « préparations à base de céréales destinées aux nourrissons et enfants en bas âge » et dans les sous-catégories « en-cas salés n’étant pas à base de pommes de terre » et « biscottes et biscuits pour nourrissons et enfants en bas âge ». Ils indiquent en revanche une hausse dans la catégorie « café et succédanés de café » et dans les sous-catégories « pain grillé », « café instantané » et « pommes de terre frites faites à partir de pommes de terre fraîches ».
L’EFSA assure qu’elle continuera à collecter des données sur la surveillance de l’exposition à l’acrylamide et actualisera en 2013 son évaluation de l’exposition à cette substance en Europe (la dernière évaluation date de 2011) sur la base de données plus récentes sur les taux d’acrylamide dans les aliments et sur la base de nouvelles données sur la consommation alimentaire. À la demande des agences de sécurité des aliments en France, en Allemagne, au Danemark et en Suède, l’Autorité a également engagé des discussions avec ces autorités nationales de sécurité des aliments et d’autres membres du forum consultatif de l’EFSA au sujet des « récentes découvertes scientifiques sur l’acrylamide et de son impact possible sur la santé publique ».

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