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SANTÉ/RECOMMANDATIONS L'EFSA met à jour ses avis scientifiques sur les allergènes alimentaires

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L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de mettre à jour ses avis scientifiques sur les allergènes alimentaires qui datent de près d'une décennie. Pour ce faire, ses experts ont passé en revue toutes les données scientifiques sur les produits et substances qui ont été identifiés comme des allergènes alimentaires et ont fait une série de recommandations.

Suite à une demande de l'Autorité de sécurité des aliments de l'Irlande, l'invitant à rendre un avis scientifique sur l'évaluation des aliments allergéniques et ingrédients alimentaires à des fins d'étiquetage, l'EFSA a décidé de mettre à jour ses avis précédents relatifs à des ingrédients alimentaires ou des substances qui ont été identifiés comme des allergènes potentiels. Ces avis scientifiques, datant de 2004, comprennent les céréales contenant du gluten, le lait et les produits laitiers, les œufs, les noix, les arachides, le soja, les poissons, crustacés, mollusques, le céleri, le lupin, le sésame, la moutarde et les sulfites. Les experts du Groupe scientifique de l'EFSA sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (groupe NDA) (1) ont examiné en détail tous les produits et substances allergéniques dont la présence dans les aliments doit être mentionnée sur l'étiquette, en vertu de la réglementation européenne. Pour chaque produit ou substance alimentaire figurant sur la liste des allergènes de l'UE, des informations sont fournies concernant la prévalence des allergies dans des populations non sélectionnées, les protéines identifiées comme allergènes alimentaires, les réactivités croisées, les effets de la transformation des aliments sur l'allergénicité de l'aliment ou ingrédient, les méthodes de détection des allergènes et des aliments allergéniques ainsi que les doses observées pour déclencher des réactions indésirables chez les personnes sensibles. S'ils soulignent que la prévalence des allergies alimentaires est difficile à établir en raison de la rareté des études disponibles pour certaines zones géographiques et des différentes méthodes utilisées pour recueillir des données sur la prévalence, ces experts estiment cependant, qu'en utilisant les tests alimentaires de déclenchement comme critère diagnostique, la prévalence des allergies alimentaires à travers l'Europe peut être évaluée à environ 1 %, tant chez les adultes que chez les enfants. Le Groupe scientifique estime aussi qu'environ 75 % des réactions allergiques chez les enfants sont causées par les œufs, les arachides, le lait de vache, le poisson et les noix. Côté adultes, quelque 50 % des réactions allergiques sont provoqués par des fruits de la famille du latex et de la famille des Rosaceae (qui comprend les pommes, les poires, les cerises, les framboises, les fraises et les amandes), les légumes de la famille des Apiacées (céleri, carottes et certaines herbes aromatiques) et diverses noix et arachides.

RECOMMANDATIONS DU GROUPE SCIENTIFIQUE

L'avis scientifique du Groupe NDA prend soin de synthétiser les méthodes d'évaluation des risques disponibles qui pourraient épauler les gestionnaires des risques dans leurs décisions concernant l'étiquetage des allergènes. Ces méthodes sont au nombre de trois : l'évaluation des risques traditionnelle qui utilise l'approche de la dose sans effet nocif observé (NOAEL) et des facteurs d'incertitude; l'approche dite de la dose de référence (BMD) et de la marge d'exposition (MoE) et enfin l'utilisation de modèles probabilistes. Les experts soulignent que le but visé par l'évaluation des risques (par exemple, une exemption d'étiquetage) et le niveau de risque qui peut être considéré comme acceptable sont des décisions politiques qui relèvent de la gestion des risques et qui sont par conséquent en dehors du mandat de l'EFSA. Le groupe scientifique recommande que les enquêtes soient conçues de façon à recueillir des données sur les habitudes de consommation alimentaire chez des sujets souffrant d'allergies alimentaires et préconise aussi d'étudier la façon dont ils se rapportent à la population générale non allergique. Aziz Ben Marzouq

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(1) Le groupe scientifique sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (NDA) se consacre aux questions relatives aux produits diététiques, à la nutrition humaine et aux allergies alimentaires, ainsi qu'à des problématiques apparentées comme celle des nouveaux aliments.

ÉTIQUETAGE OBLIGATOIRE POUR INFORMER LES CONSOMMATEURS

L'industrie alimentaire a l'obligation légale de produire des aliments sûrs et propres à la consommation. En matière d'allergènes, elle respecte cette obligation à travers notamment la mise en œuvre d'un système de gestion de la sécurité alimentaire basé sur les principes de l'analyse des risques et de la maîtrise des points critiques (HACCP) et l'étiquetage des aliments afin d'informer les consommateurs de la présence éventuelle d'allergènes. Bien que de nombreux aliments puissent déclencher une réaction allergique, 14 substances ou produits (céréales contenant du gluten, produits laitiers, œufs, noix, arachides, soja, poisson, crustacés, mollusques, céleri, lupin, sésame, moutarde et les sulfites) exigent un étiquetage d'allergène obligatoire, en vertu de la législation européenne (Directive 2000/13 sur l'étiquetage et la présentation des denrées alimentaires ainsi que la publicité faite à leur égard, applicable jusqu'au 13 décembre 2014 et Règlement 1169/2011 sur l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, applicable à compter de cette date). Ces 14 ingrédients spécifiques (dont ceux transférés dans les auxiliaires technologiques, les additifs et les solvants) représentent les causes les plus fréquentes ou graves d'hypersensibilité alimentaire dans l'UE. Leur présence dans un processus de fabrication ou un produit doit donc faire l'objet d'un étiquetage obligatoire.