Alors que l’incertitude est à son comble sur l’issue du scrutin, les personnalités agricoles des prochaines législatives se dessinent lentement. Parmi les perdants de 2022, certains députés sortants de la majorité voudront prendre leur revanche. Jean-Baptiste Moreau sera de le partie, en revanche Grégory Besson-Moreau renonce, tandis que d’autres réfléchissent. À gauche, la liste est encore inconnue, tout comme le programme de la nouvelle alliance.
Difficile de parier sur le futur paysage agricole de l’Assemblée. Essor de la gauche, de l’extrême droite, recul de la majorité ? L’instabilité est à son comble, et pourrait avoir des répercussions sur les spécialistes du secteur. Au-delà des recompositions, ces premiers jours de préparations ont permis de voir les premiers noms de candidats apparaître au sein de la majorité.
En 2022, ils étaient plusieurs députés sortants de la majorité, spécialistes de l’agriculture, à avoir échoué à se reconduire au sein de l’Hémicycle. Parmi eux, Jean-Baptiste Moreau, qui s’était depuis reconverti dans le lobbying et dans le cercle de réflexion Agriculture stratégies (ex-Momagri), souhaite se représenter, a-t-il indiqué à Agra Presse : « J’y vais », annonce l’ancien éleveur, qui devrait affronter une députée sortante LFI. En revanche, le député Grégory Besson-Moreau, à l’origine de la loi Egalim 2, ne souhaite pas se représenter, préférant poursuivre sa reconversion dans la finance agricole, indique-t-il à Agra Presse.
Fesneau y retourne
D’autres y réfléchissent : c’est le cas d’Olivier Damaisin. Devenu coordinateur national interministériel du plan de lutte contre le mal-être en agriculture, il est « en pleine réflexion et réorganisation », indique-t-il à Agra Presse. C’est dans sa circonscription qu’entend se représenter Jérôme Cahuzac, qui souhaiterait se faire élire sous l’étiquette centre gauche, face à une députée sortante RN, rapporte la presse généraliste. On pense également à Loïc Dombreval, ex-député et vétérinaire, devenu aujourd’hui président du Conseil national de la protection animale. Interrogé, il n’a pas répondu à nos sollicitations.
Chez les ministres ou anciens ministres spécialistes de l’agriculture, les rangs se garnissent peu à peu. Sans surprise, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau va se présenter dans son fief du Loir-et-Cher, apprend Agra Presse, confirmant les informations du quotidien Le Monde. Le député Modem a été élu à deux reprises depuis 2017 dans la première circonscription de Loir-et-Cher. Il a devancé en 2017 un candidat FN, avec 69 % des voix au second tour, puis une candidate LFI/Nupes en 2022, avec 59 % des voix.
Quant à la ministre déléguée de l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher, qui n’a jamais élue à l’Assemblée, elle s’est déclarée « disponible » pour le scrutin, lors d’un entretien sur BFM. Interrogé, l’ancien ministre de l’Agriculture Julien Denormandie n’a pas répondu à nos sollicitations. La candidature de l’ancienne secrétaire d’État à la Biodiversité Bérangère Abba est également « à l’étude », indique-t-elle à Agra Presse. Elle avait échoué en 2022 dans la Haute-Marne face à un candidat RN.
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L’ancien ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire ne se représentera pas dans la première circonscription de l’Eure, où il avait déjà assuré trois mandats de député, de 2007 à 2022. « Il faut savoir passer la main à une nouvelle génération. Je ne serai donc pas candidat aux élections législatives » des 30 juin et 7 juillet, a-t-il indiqué. En 2022, c’est une candidate du Front national qu’il avait emporté de justesse dans son fief.
À gauche, un programme agricole à écrire
À gauche, peu de députés revanchards à l’horizon. La plupart des spécialistes de l’agriculture avaient résisté au scrutin de 2022, et plusieurs entrants avaient fait leur apparition, comme Aurélie Trouvé ou Mathilde Hignet, qui devraient, sauf surprise, se représenter.
À Bruxelles, Cécilia Gondart, la chef de cabinet du socialiste Christophe Clergeau, qui siège à la Comagri, devrait être la candidate du Front populaire dans la circonscription Bénélux (français de l’étranger). Représentant la Nupes en 2022, elle avait échoué face au candidat LREM Pieyre-Alexandre Langlade.
Quant au programme ? « Je n’en sais rien », répond simplement le député PS Dominique Potier, à Agra Presse. Les tractations se poursuivent depuis que le Parti socialiste, le Parti communiste, les Écologistes et La France insoumise (mais aussi Place publique et Générations) ont indiqué, dans un communiqué publié tard le 10 juin, vouloir « soutenir des candidatures uniques dès le premier tour ».
En matière agricole, difficile de cerner de grandes différences programmatiques entre le PCF et les anciens membres de la Nupes. La question de la viande pourrait attiser les tensions. Même s’il se dit favorable à en réduire la consommation, Fabien Roussel est connu pour ses sorties sur le sujet. En janvier 2022, il écrivait qu'« un bon vin, une bonne viande, un bon fromage : c’est la gastronomie française. Le meilleur moyen de la défendre, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès ».