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Légumes : 2026 mal engagée pour la Sica

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Après un exercice 2025 acceptable, la coopérative bretonne voit avec inquiétude l’année 2026, plombée par des valorisations trop faibles.

À l’occasion d’une conférence de presse le 16 mars, la Sica Saint Pol de Léon a indiqué que la coopérative a assuré un chiffre d’affaires de 230 millions d’euros sur l’exercice 2024-2025 (clos fin octobre), relativement stable (-1 % pour les légumes, + 3 % pour l’horticulture). Les volumes sont en progression, passant de 168 000 tonnes à 177 800 tonnes (+ 5,8 %). Certaines filières ont tiré leur épingle du jeu. La tomate a confirmé une très bonne année (+ 14 %), « grâce à une gestion fine des apports et à une contractualisation renforcée », souligne Marc Kerangueven, président de la Sica. C’est aussi le cas pour la salade 4ᵉ gamme qui poursuit son développement (+ 13 %), malgré des incertitudes réglementaires fortes sur les produits phytosanitaires. Enfin, les circuits spécialisés ont soutenu la gamme bio de la coopérative ; elle présente des résultats stables sur 2025.

En revanche, certains produits demeurent fragilisés, comme la pomme de terre primeur (-41 %) et l’artichaut (-24 %). Le cas le plus emblématique est le chou-fleur qui a chuté de 31 % sur la période, confronté à des prix insuffisants pour couvrir l’augmentation des charges : « Une étude a montré que le prix accepté par le consommateur pour un chou-fleur est de 2,41 €. Cela ne paie pas le producteur qui en attend 3 à 4 € », a expliqué Marc Kerangueven.

Renforcer l’accompagnement des exploitations

Le président de la Sica Saint Pol de Léon prévoit une année 2026 difficile pour la coopérative. Depuis le 1er novembre, le chiffre d’affaires légumes est en retrait de 22 % à 27,4 M€ : certaines variétés enregistrent de fortes baisses comme l’échalote (-58 %), les courges (-39 %), les endives (-25 %) ou le chou-fleur (-18 %). Les raisons à une telle situation sont connues : « Accumulation de normes, distorsions de concurrence européennes, perte de compétitivité française, et absence d’un cap politique clair sur la souveraineté alimentaire », énumère-t-il : « Nous ne demandons pas des aides, nous ne souhaitons pas vivre sous perfusion : nous voulons de la compétitivité ».

Face à la situation, la Sica renforce son plan d’accompagnement pour sécuriser l’avenir des exploitations adhérentes. Elle peut s’appuyer sur deux points : d’une part, le niveau des nouvelles installations (une douzaine par an environ) et le fait que, dans le cas des transmissions, 100 % des terres sont sauvegardées. La Sica propose tout un panel d’appuis (financement de diagnostics d’exploitation, parrainage à l’installation, appui technique et administratif, recrutement de main-d’œuvre saisonnière…). Elle a aussi créé un fonds coopératif avec les banques pour accompagner les investissements durables des adhérents

PG

Chiffre d’affaires en baisse de 22 % au 1er novembre