Investissements, pesticides, contractualisation, États généraux de l’alimentation… Autant de sujets qui posent question aux producteurs de légumes. Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France, est allé en faire part à un ministre de l’Agriculture ouvert au dialogue.
Une semaine avant son congrès national, Légumes de France a rencontré, le 9 novembre, le ministre de l’Agriculture. Le président de la branche légumes de la FNSEA est resté près de deux heures avec Stéphane Travert, afin de lui faire part des interrogations des maraîchers, mais également pour lui montrer que la production de légumes est une filière d’avenir.
Une rencontre qui semble avoir convaincu le syndicaliste. « Nous avons rencontré un ministre attentif, à l’écoute et prêt à co-construire », a indiqué Jacques Rouchaussé, précisant que ce nouveau ministre semblait plus ouvert que son prédécesseur Stéphane Le Foll. Une ouverture qui s’explique selon lui par le fait que désormais, « il y a un pilote dans l’avion ». Autrement dit, il y a un président de la République, Emmanuel Macron, qui demande à son ministre, dans le cadre des États généraux, de travailler en concertation avec les professionnels de l’agriculture. « Maintenant, il faut passer des paroles aux actes ! », précise cependant Jacques Rouchaussé.
Des questions en attente de réponses
Alors que le nouveau gouvernement présente ses premiers Projet de loi de finances (PLF) et Projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS), les producteurs de légumes s’interrogent sur certains changements. La fin du CICE, que le gouvernement Macron promet de compenser par une baisse des charges, inquiète Légumes de France. « Pour l’emploi de saisonniers, nous sommes déjà au maximum au niveau des allégements de charges, donc la fin du CICE ne peut pas être compensée », explique Jacques Rouchaussé qui a demandé à Stéphane Travert de mettre en place des dérogations spécifiques.
La délégation de Légumes de France a également interpellé le ministre sur la nécessité de poursuivre les soutiens aux investissements pour les serres, et sur la question des pesticides. « Nous sommes prêts à réduire l’utilisation des pesticides, mais pour cela il faut mobiliser la recherche et trouver des solutions alternatives », estime Jacques Rouchaussé.
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Des propositions pour le plan de la filière
Légumes de France a voulu montrer au ministre que la filière est un secteur d’avenir. « Nous avons expliqué que nous pouvons installer des jeunes et créer de l’emploi. D’autant plus que nous ne sommes pas autosuffisants en légumes ».
Jacques Rouchaussé a également indiqué au ministre que la filière légumes est force de proposition sur la question de la contractualisation. « Nous devons, dans le cadre des États généraux de l’alimentation, remettre nos plans de filière le 10 décembre ». « C’est court », reconnaît le syndicaliste, mais Légumes de France avait « déjà bien avancé sur le dossier ». « Nous avons élaboré un guide de la contractualisation », explique Jacques Rouchaussé. Ce guide préconise une construction de contrat et de prix partant de l’amont vers l’aval. Légumes de France compte présenter son guide en conseil d’administration d’Interfel le 20 novembre afin de contribuer au plan de filière. « Nous sommes prêts à transformer et améliorer la filière », affirme Jacques Rouchaussé.
La fin du CICE, que le gouvernement Macron promet de compenser par une baisse des charges, inquiète Légumes de France