Abonné

Bovins L’élevage allaitant français attend plus de Stéphane Le Foll

- - 4 min

La Fédération nationale bovine (FNB) est claire : Stéphane Le Foll va devoir faire plus, tant à l’échelle nationale qu’européenne. C’est au cours d’une conférence de presse, le 24 janvier, que la FNB a rappelé les questions qui seront approfondies lors de son assemblée générale les 6 et 7 février à Guéret (23).

«Nous n’attendons pas de grandes ambitions pour l’élevage de la part de Bruxelles. Tout repose sur la stratégie du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll », a déclaré Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la Fédération nationale bovine (FNB) lors d’une conférence de presse, le 24 janvier à Paris. Devant « l’immobilisme » et le « laissez-faire ultralibéral» des instances européennes, les éleveurs de bovins comptent sur le ministre de l’Agriculture. Ils rappellent que la Commission européenne n’a que les mots « convergence des aides Pac » à la bouche. Pour Pierre Chevalier, président de la FNB, les éleveurs ont besoin de bien d’autres choses: maintien d’une aide couplée à la vache allaitante et mise en œuvre d’une mesure de surprime aux hectares fourragers par exemple. Les éleveurs « perdent patience » face aux projets de Stéphane Le Foll. « L’agriculture écologiquement intensive, ce sont des mots. Nous n’en attendons pas grand chose », souligne Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNB. C’est du concret dont a besoin l’élevage : cela passe par une suspension de l’empilement des contraintes écologiques et des mesures qui déstabilisent l’élevage. Les éleveurs avertissent les pouvoirs publics sur les deux projets d’accord bilatéraux de libre-échange : le projet d’accord UE-Canada, initié en 2012 pour lequel le Canada réclame des concessions notamment en contingents d’importation de viande bovine, et le projet d’accord UE-Etats-Unis, dont l’un des enjeux pour les Etats-Unis est de faciliter l’exportation de viande bovine vers l’Europe. Par ailleurs, à l’export, la FNB demande un renforcement du soutien vers les pays tiers ou encore la mise en œuvre d’une contractualisation prenant en compte les coûts de production. Il y a urgence : la production de viande bovine s’est replié de 5% en 2012 et les prévisions tablent sur une baisse de 2% pour 2013. L’assemblée générale de la FNB se tiendra à Guéret (23) les 6 et 7 février. Stéphane Le Foll y viendra : les professionnels l’attendent au tournant.

Droit dans le mur

Si le diagnostic de la filière est communément admis, la stratégie du ministère de l’Agriculture ne fait, elle, pas l’unanimité. Mais les éleveurs sont conscients que le blocage ne vient pas seulement des pouvoirs publics. Pour Pierre Chevalier, « le comportement d’un certain nombre d’entreprises est suicidaire ». Faisant référence à la nécessaire revalorisation des prix qui n’a pas lieu, il est contraint de prévenir : « En cas de végétalisation du territoire, les éleveurs ne sont pas perdants». L’idée sous-jacente, c’est bien que le maintien du cheptel allaitant doit passer par une revalorisation du revenu des éleveurs qui enregistrent le triste record du salaire agricole le plus bas (15 000 euros annuel).
Même désillusion concernant le fonds céréaliers/éleveurs : « La volonté de Xavier Beulin (président de la FNSEA) et de Philippe Pinta (président de l’Association générale des producteurs de blé) n’est pas suffisante. Sur le terrain, ils ne pourront pas récolter le fonds ». Et quand bien même ils y parvenaient, 100 millions d’euros ne suffiront pas à sauver l’élevage français.
Colmater les brèches ne suffit pas pour maintenir le cheptel allaitant sur le territoire. Les éleveurs l’ont compris, « c’est d’un virage historique dont nous avons besoin », concluait Pierre Chevalier qui devrait certainement le rappeler au ministre de l’agriculture lors de l’AG.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.