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Sia 2013 L’élevage au cœur des enjeux du Salon de l’agriculture

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Lors de sa visite marathon au Salon international de l’agriculture (SIA), le président de la République a annoncé le 23 février la mise en place d’un soutien exceptionnel aux éleveurs « qui sont dans la situation la plus difficile », a-t-il indiqué. Les producteurs de lait seront plus particulièrement concernés. François Hollande a ainsi lancé la thématique principale du Salon de l’agriculture version 2013 : l’élevage français et ses enjeux, entre les conséquences de la crise de la viande de cheval, les grandes difficultés des producteurs de lait et le ras-le-bol face à l’empilement des règles et contrôles..

«Il faut que vous disiez à vos hommes d’arrêter de nous contrôler », proteste un éleveur dans la salle de traite du Salon international de l’agriculture. Face à lui, le président de la République : « Il faut bien alerter le consommateur et qu’il sache ce qu’il mange ». « Il y en a marre des contrôles, reprend le producteur, marre d’être sous pression ». Le président s’aventure : « Nous aussi, on est sous pression ». Mais, « la pression n’est pas la même, lui rétorque l’agriculteur. Nous, on mange plus ». Quelques stands plus tard : « Mon métier, c’est de nourrir les gens. Mais là, je meurs de faim ». Un autre éleveur, le même leitmotiv, décrira François Hollande aux deux tiers d’un parcours de près de onze heures, lors d’une conférence de presse. « Ce sont les éleveurs qui sont dans la situation la plus difficile ». Prix du lait trop bas, hausse des prix des matières premières : l’élevage français a du mal à garder la tête hors de l’eau. Mais... « Le pire est derrière nous », a voulu enfin rassurer le chef de l’Etat, le 23 février, au premier jour du SIA, en présence des ministres Stéphane Le Foll (agriculture), Guillaume Garot (agroalimentaire) et Benoît Hamon (consommation). Le président a en effet un plan pour redresser la situation : « Une politique nationale de soutien aux éleveurs », avec « un soutien de manière exceptionnelle » aux producteurs laitiers, a-t-il annoncé après un petit-déjeuner avec les principaux représentants du monde agricole.

La LME dans le viseur

Concrètement, « nous devons réguler les matières premières, une volonté que j’ai traduite au plan international dans le cadre du G20, a commenté le président de la République. Nous devons également faire en sorte qu’il puisse y avoir une contractualisation entre les producteurs et les transformateurs, et qu’il y ait également avec la distribution une renégociation d’un certain nombre de pratiques, dans le cadre de ce qu’on appelle la loi LME ». Cette loi de modernisation de l’économie (LME) doit être respectée, selon lui et si c’est nécessaire, elle sera réajustée. Des propos réaffirmés le 25 février par le Premier ministre en visite sur le salon : « S’il faut modifier cette loi nous y sommes prêts ». « Pour arriver à quel résultat? Pour que lorsque les producteurs négocient avec la grande distribution, on ne parte pas du prix proposé par la distribution mais du prix du producteur. Aujourd’hui, c’est le contraire. Il faut partir du prix du producteur, de ses coûts réels et à partir de là, signer un contrat qui préserve les intérêts du producteur », a-t-il souligné.

Des aides Pac vers les éleveurs

Le plan national en faveur des éleveurs prévoit également une réorientation des aides de la Politique agricole commune (Pac) : « Il faut faire en sorte que les éleveurs aient davantage de retombées de la Pac ». Ce n’était pas le cas dans le précédent cadre financier, a-t-il rappelé et « ce que l’on va maintenant négocier dans la répartition des crédits de la Pac – aussi bien pour le premier que le second pilier – ira dans ce sens ». Le chef de l’Etat a encouragé par ailleurs la solidarité interprofessionnelle entre les céréaliers et les producteurs de viande. Pour ce faire, la mise en place d’une cotisation volontaire obligatoire est actuellement discutée par la profession en vue d’alimenter le fond de modernisation éleveurs-céréaliers. François Hollande s’est enfin sionnels, ce plan pourrait aussi impliquer un certain allègement des règles environnementales, concernant par exemple les nitrates de même que l’aide à la modernisation des bâtiments. Enfin, on n’exclut pas la possibilité d’une certaine aide à la trésorerie qui pourraient être gérées au niveau des départements.

Les producteurs de lait dans l’attente

« On se félicite de ces annonces, a commenté le 25 février Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Ça veut dire que notre lettre ouverte, envoyée le 22 février au président, pour le sensibiliser à notre situation, a eu un écho au niveau de l’État ». Cependant « les réponses qui sont apportées dans le concret aujourd’hui, à ce jour, a poursuivi Thierry Roquefeuil, je n’en ai pas la déclinaison ». Les éleveurs laitiers attendent désormais des propositions du ministre de l’Agriculture, tout en rappelant leurs objectifs : « Il ne s’agit pas de demander l’aumône aux pouvoirs publics, mais d’avoir un prix du lait rémunérateur par rapport à l’évolution des charges et au travail fourni sur l’exploitation ». Et pour cela, la FNPL agite la solution prioritaire d’un réajustement de la LME. Objectif : faire remonter le prix du lait.

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