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Marchés L’élevage bovin surnage et l’ovin coule

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Les cours des viandes bovines et ovines sont en hausse. Mais dans les deux cas, cela ne suffit pas à résoudre les difficultés de secteurs structurellement en crise. La campagne de vaccination contre la fièvre catarrhale a permis de relancer les exportations de broutard à leur rythme de croisière. La campagne 2007-2008 pourrait ne pas être aussi mauvaise que prévu. Une bonne nouvelle pour les éleveurs qui doivent déjà faire face à l’augmentation des charges. Le cheptel ovin poursuit par contre son érosion régulière.

Le cours de la viande de jeunes bovins progresse lentement. Pourtant, malgré une hausse de 8% par rapport au niveau de 2008, il ne permet pas de compenser la hausse des coûts de production. L’indice IPAMPA (indice des prix d’achat des moyens de production agricole) montre une envolée de 16% pour l’activité d’engraissement à partir de broutards en juillet.

Les éleveurs de broutards sauvent les meubles

Les expéditions de broutard ont repris un rythme normal cet été. Mais le déficit de ventes consécutif au blocage pour raisons sanitaires (FCO) n’a pas été rattrapé. Les envois ont reculé de 27% en mai et de 18% en juin. Sur le premier semestre 2008, avec 396 000 animaux exportés, c’est une réduction de 24% par rapport à la même période en 2007. Certes, en juillet-août, avec la vaccination des animaux, les ventes ont pu repartir à la hausse, mais les éleveurs s’inquiètent désormais de la progression du sérotype 1 de la FCO qui risque de bloquer à nouveau les expéditions (voir encadré page 4). Dans le Limousin, plus de 10 000 têtes ont pu être vendues en juillet. La campagne 2007-2008 dans la région pourrait se solder par 135 000 broutards négociés contre 147 000 ces dernières années. Un score inespéré au vu de l’embargo italien décidé au printemps. Les stocks d’animaux dans les exploitations restent quand même élevés. Les élevages comptaient 54 000 mâles entre 8 à 12 mois supplémentaires au 1 erjuillet par rapport à 2007. Même si les cours sont légèrement inférieurs à 2007, la forte demande italienne a permis de maintenir un bon niveau de valorisation.

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Décapitalisation du cheptel ovin

Le cours de la viande d’agneau français reste relativement élevé. A 5,68 euros du kg en progression de 5 points par rapport à 2007, il dépasse largement la moyenne européenne (4,14 euros/kg). Mais cette situation n’est pas forcément favorable aux éleveurs. Déjà fortement touchés par une crise structurelle, ils ne peuvent pas compter sur une forte hausse des prix pour sortir la tête de l’eau. Les abattages ne cessent d’ailleurs de diminuer. Avec 383 000 têtes et 8 500 tec (tonnes équivalent carcasse) d’agneaux, ils sont en baisse de 5 % en juin 2008 par rapport à 2007. Dans le même temps, les abattages de brebis sont en hausse de 6%, ce qui traduit la poursuite de la forte décapitalisation du cheptel français qui a déjà chuté de plus de 11% depuis 2000. La production globale au premier semestre 2008 ne dépasse pas 48 000 tec soit un recul de 6%.