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PROTÉINES/RECHERCHE & DÉVELOPPEMENT L'éleveur d'insectes Innoprotea France à la recherche de financements

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A Nantes, Innoprotea France espère lever 350 000 euros d'ici la fin de l'année pour financer ses recherches sur les applications industrielles du ver de farine, une nouvelle protéine.

Créée en juillet 2015, la société Innoprotea France a dû subitement changer d'orientation stratégique cet hiver. Si la vente d'insectes domestiques déshydratés et aromatisés pour le grignotage et l'apéritif était jusqu'alors tolérée, l'entreprise s'est fait rattraper par la Direction départementale de la protection des populations. En matière de consommation d'insectes, c'est le principe de précaution qui prévaut en France. En effet, la réglementation européenne n'autorise pas encore la vente d'insectes pour l'alimentation humaine. Privée de chiffre d'affaires à peine six mois après son lancement, Innoprotea France a alors dû repenser son modèle économique. Un dossier est aujourd'hui en cours de dépôt auprès de la DGCCRF pour l'obtention de la mise sur le marché des Novel Food. La réponse est attendue dans 24 à 36 mois. En attendant, les trois associés d'Innoprotea France, Pascal Aurouet, Frédéric Herlin et Fabrice Mazelle, travaillent sur des possibilités d'applications en PAI à destination de l'IAA.

INTÉRÊT NUTRITIONNEL ET ÉCOLOGIQUE

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« 30 % de la population mondiale consomment des insectes, et ce depuis la nuit des temps », indique Pascal Aurouet, p.-d.g. « L'enjeu de cette protéine est bien plus que nutritionnel, il s'agit également d'une bataille écologique », note Frédéric Herlin, directeur général. « L'élevage des insectes nécessite très peu d'espace, consomme très peu de matières premières et sans rejet de CO2. De plus, l'ensemble du ver peut être valorisé ». Contenant 50 à 70 % de protéines, 30 à 40 % de lipides, des vitamines et très peu d'acides gras saturés, les vers de farine sont bons pour la santé. L'atelier d'élevage de 16 m2 , qui devait permettre la fabrication de 600 kg de vers de farine par an, a revu sa production à la baisse pour assurer uniquement les essais liés à la R&D. Un partenariat avec un industriel est également en cours pour la composition d'un nouveau produit intégrant de la poudre de vers de farine. « Nous voulons être prêts le jour où la réglementation évoluera sur ce sujet », assure Frédéric Herlin. Des applications sont d'ores et déjà possibles avec la cosmétologie. Si les trois associés ont injecté 10 000 euros chacun en capital et 70 000 euros au total en investissement de démarrage, ils cherchent aujourd'hui à lever 350 000 euros pour assurer les deux années à venir de recherche et développement. Membre du réseau Entreprendre et incubé par Atlantpôle, ils bénéficient déjà d'un accompagnement logistique, stratégique et financier.