Abonné

EMBARGO RUSSE/IMPACT FINANCIER L'embargo russe pèse sur le budget de l'Union européenne

- - 4 min

L'ensemble des mesures de soutien de l'UE aux producteurs et aux Etats membres affectés par l'embargo russe sur les exportations agroalimentaires de l'Union se chiffrerait à quelque 178,8 millions d'euros. C'est en tout cas l'évaluation que les services de la Commission européenne ont communiquée suite à une question parlementaire. Les coûts relatifs aux produits laitiers n'ont pas encore été estimés pour des raisons de délai de communication des données.

Après la décision russe, le 7 août 2014, d'interdire l'importation de fruits, de légumes, de viande et d'autres produits en provenance d'Europe, un parlementaire a interrogé la Commission sur l'incidence qu'avait eu cette interdiction sur les entreprises européennes, en termes de baisse des exportations, de perte financière et de revenus. À cette question parlementaire, l'exécutif européen a indiqué que sur la base des informations communiquées par les États membres, jusqu'à fin mai 2015 concernant les mesures appliquées au marché pour le secteur des fruits et légumes (mesures de retrait, de non-récolte et de récolte en vert, et de promotion), ainsi que les enveloppes accordées aux États membres baltes et à la Finlande afin de soutenir leurs producteurs laitiers, le coût financier global pour le budget de l'UE est actuellement estimé à 178,8 millions d'euros. C'est ce qu'a fait savoir Phil Hogan, le commissaire européen à l'agriculture. Quant aux coûts de l'aide au stockage privé pour le beurre et le lait écrémé en poudre, ils ne pourront être évalués « que lorsque des informations détaillées sur les quantités convenues par contrat et la durée de stockage seront disponibles ». En revanche, il n'existe pas d'estimation des pertes de revenus des producteurs agroalimentaires résultant de l'embargo russe au niveau des États membres. La Commission européenne souligne par ailleurs, qu'en dépit de l'embargo russe, après neuf mois d'interdiction d'exporter sur le marché russe, le total des exportations agroalimentaires de l'UE vers les pays tiers a augmenté de 5% en valeur dans la période août 2014-avril 2015 par rapport à la même période de l'année précédente. Au mois d'avril 2015, les exportations agroalimentaires de l'UE vers les pays tiers ont augmenté de 10% par rapport à avril 2014. Et ce résultat record, sans précédent pour le mois d'avril, est dû, selon la Commission, à une augmentation des exportations vers les États-Unis et la Chine, et, en partie aussi, à l'affaiblissement de l'euro face aux autres devises.

PROLONGATION DES SANCTIONS DE PART ET D'AUTRES

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Comme on s'y attendait un peu, le Conseil des ministres des affaires étrangères de l'UE a décidé de proroger jusqu'au 31 janvier 2016 les restrictions économiques adoptées par l'UE à l'encontre de la Russie eu égard « au rôle déstabilisateur que cette dernière joue dans l'est de l'Ukraine ». Cette prorogation fait suite à la décision, prise d'un commun accord par les dirigeants de l'UE, de lier la durée de ces sanctions à la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk, prévue pour le 31 décembre 2015. D'autres sanctions portant sur la Crimée ont également été prolongées et interdisent notamment l'importation de produits originaires de Crimée ou de Sébastopol dans l'UE, les investissements en Crimée ou à Sébastopol (aucun Européen ni aucune société établie dans l'Union ne peut acquérir de biens immobiliers ou d'entités en Crimée, financer des sociétés de Crimée ou fournir des services connexes), les services liés aux activités touristiques en Crimée ou à Sébastopol, l'exportation de certains biens et technologies destinés à des sociétés de Crimée ou à être utilisés en Crimée, etc. De son côté, en représailles à cette prolongation des sanctions européennes, le président russe Vladimir Poutine a annoncé la prolongation de 12 mois (jusqu'en juin 2016), l'embargo russe sur les aliments périssables de l'Union européenne, parmi lesquels certains produits du poisson.