Alors que l’endive traverse une profonde crise conjoncturelle depuis fin novembre, les producteurs de l'Apef estime que le dispositif de modération des marges ne fonctionne pas. Et que la filière doit plus que jamais relancer la demande sur le cœur de gamme.
Voilà 34 jours ouvrés – depuis le 22 novembre – que l’endive est en crise conjoncturelle, selon le Réseau des nouvelles des marchés (RNM, FranceAgriMer). Après un record au plus bas fin novembre, le prix de première mise en marché de l’endive a esquissé une remontée puis stagné, pendant huit jours, 29 % au-dessous de la référence hebdomadaire. Avant de replonger à -35 % le 4 janvier. Le 3 janvier, le directeur de l’association des producteurs d’endives de France (Apef) Frédéric Le Vigoureux confiait que la situation est « difficile », tout en appelant à « garder la tête froide et à persévérer ».
« Le dispositif de modération des marges ne fonctionne pas : la distribution n’a pas baissé ses prix ou en tout cas pas suffisamment », a-t-il réagi. Les enseignes de distribution sont tenues de diminuer leurs prix de vente au détail dès lors qu’un produit est déclaré en crise conjoncturelle. Mais d’après M. Le Vigoureux, elles ont mis trop de temps à réagir. « Dès le début de la crise il aurait fallu que les enseignes baissent significativement leurs prix : là, il y avait entre 30 et 50 centimes de trop [par kilo] ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L’enjeu du cœur de gamme
La situation est délicate car les rendements sont particulièrement bons cette année. D’après le directeur de l’Apef, les volumes produits sont « 8 à 10 % supérieurs à ceux de 2020 » grâce à une météo très favorable. Mais dans le même temps la demande est « insipide et non avenue », contrairement aux années précédentes quand la consommation était de surcroît boostée par l’effet confinement. « Depuis trois ans nous avons été sur un marché en sous-offre où il y avait tout de même un certain niveau de consommation, donc l’endive s’est très bien valorisée. Quand tout d’un coup il n’y a plus de consommation alors que l’offre est plus importante grâce à de meilleurs rendements, eh bien on se casse la figure », lâche Frédéric Le Vigoureux.
Au-delà, le directeur de l’Apef estime que la filière doit s’atteler au chantier « d’initier la demande ». « Le fait d’être monté en gamme et en segmentation, c’est très bien pour la filière sur certains produits. Mais sur le cœur de gamme (le sachet de 1 kg, NDLR), les prix en magasins n’ont pas baissé. On reste sur des prix trop élevés et on perd des consommateurs. »