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Champagne L’engouement international appelle une expansion du vignoble

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Une étude pour augmenter la surface de l’appellation d’origine Champagne est en cours. La demande mondiale progresse fortement et les producteurs souhaitent y répondre. Mais le processus est un travail de longue haleine.

Paul-François Vranken, p. -d. g. de Vranken Pommery Monopole, a déclaré, mercredi 4 avril au cours d’une conférence de presse, que « les producteurs de champagne devraient pouvoir vendre 400 millions de bouteilles en 2015 contre 321,6 millions en 2006 si l’extension de l’aire d’appellation est décidée ». Une étude est en cours actuellement au Comité interprofessionnel des vins de Champagne (CIVC) afin de répondre à la demande qui ne cesse de progresser à l’international, notamment aux États-Unis et dans les pays émergents. En 2006 les ventes mondiales ont progressé de 4,6 %, et les résultats à mi-campagne 2006/2007 montrent une augmentation de 12 % des exportations en volume (1,1 millions d’hl) et de 14 % en valeur (2,1 milliards d’euros). Bruno Paillard, p. -d. g du groupe Boizel Chanoine Champagne (deuxième groupe mondial de champagne), craint même une pénurie de raisin dans les prochaine années. Les vignerons champenois ont déjà obtenu récemment l’autorisation d’augmenter le rendement maximal à l’hectare de 13 000 à 15 000 Kg.

Un parcours du combattant

Selon Daniel Lorson, directeur de la communication au CIVC, « cette extension est un marathon qui pourrait durer plus de dix ans ». Elle se fera en deux étapes. La première consiste à revoir l’aire géographique de production, c’est-à-dire le territoire sur lequel ont peut produire des bouteilles de champagne. Cette aire recouvre aujourd’hui 600 000 ha, sa révision a été entamée il y a deux ans et devrait se terminer en 2009. Arrivera ensuite la deuxième phase, d’expansion de l’aire parcellaire de production. C’est la surface sur laquelle il est possible de planter de la vigne. « Ce sera un nouveau parcours du combattant », estime Daniel Lorson. La surface plantée est actuellement d’environ 33 000 ha avec un maximum possible de 34 000. Le processus se fera de manière scientifique (en fonction des caractéristiques du terrain, de l’ensoleillement…), mais sera également prise en compte l’antériorité des terrains. Les parcelles plantées en vigne avant la crise du phylloxéra seront en effet préférées. « Cette étape prendra du temps, car elle nécessitera non seulement l’accord de l’INAO, du ministère de l’Agriculture et du conseil d’Etat mais il faudra aussi gérer les mécontents », souligne-t-on au CIVC. Un hectare de terrain planté en blé ou en forêt vaut environ 5 000 euros, s’il entre dans la zone d’AOC son prix passe à 1 million.

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Pour M. Lorson, « l’échéance 2015 évoquée par M. Vranken est optimiste, dans le cas où tout se passe bien, 2020 serait plus probable ». Car une fois que l’augmentation de surface de l’AOC aura été décidée, encore faudra-t-il planter des pieds de vigne qui n’arriveront à pleine maturité que six ans plus tard et des bouteilles seront mises sur le marché au moins deux ans après (bien plus pour les millésimées). Daniel Lorson précise que « tout ne sera pas planté en une année, on n’a jamais introduit plus de 500 ha par an en Champagne, les producteurs sont prudents ».