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« L’enjeu de la préservation des sols est majeur »

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La ville de Châlons-en-Champagne a accueilli la deuxième édition du forum international Planet A le 28 juin. Pensé comme un « Davos de l’agriculture », l’évènement réunit acteurs politiques, économiques, scientifiques et associatifs pour penser « l’agriculture de demain ». À l’origine de ce projet : Benoist Apparu, le maire de Châlons.

Quelle est l’idée derrière Planet A ?

Lorsque nous avons lancé ce projet fin 2017, nous estimions qu’il y avait trois grands enjeux à traiter dans les 50 ans à venir : le réchauffement climatique, la préservation des ressources et la sécurité alimentaire. Ces trois enjeux sont souvent vus comme contradictoires. Or, nous pensons que l’agriculture peut les réunir et surtout constituer une réponse globale.

Pour ce faire, nous voulions lancer un évènement international ayant une approche globale, rassemblant des acteurs du monde scientifique, politique, associatif, économique. D’où l’idée d’un forum international. L’organiser à Châlons a du sens : nous sommes au cœur d’un bassin agricole parmi les plus importants d’Europe.

Nous avons eu envie de lancer, en plus, un institut de hautes études de l’agriculture. Il aura pour objectif, dès cette année, de mobiliser des acteurs non scientifiques afin d’aborder les grandes questions économiques, politiques et sociales liées à la transition agricole. Les travaux se tiendront via des sessions de deux jours par mois entre septembre et juin.

Quel bilan faites-vous de cette deuxième édition ?

Nous avons accueilli, sur deux jours, 70 intervenants, 400 congressistes, venus de 25 pays. Après une première édition très généraliste en 2018, le fait d’avoir choisi cette année un sujet précis, la santé des sols, a permis aux participants de mieux s’emparer du dispositif, pour avancer dans leurs réflexions.

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Une des grandes avancées de cette année est d’avoir lancé un processus visant à construire une étude économique et financière sur la qualité des sols. L’objectif sera notamment de construire la méthodologie d’un indicateur de la qualité des sols. Une étude sur la couverture des sols a également été lancée. Planet A pilotera et nommera les experts qui feront ce travail.

Enfin, nous nous réjouissons d’avoir une nouvelle fois réussi à intéresser de grandes entreprises, comme Pernod-Ricard et Danone, qui nous ont présenté leurs engagements en matière de préservation des sols.

Quel est l’objet du pacte contre l’artificialisation des sols, signés à l’issue du forum ?

Un des premiers facteurs de réchauffement climatique est l’étalement urbain, qui artificialise les sols, et empêche la séquestration du carbone. Avec ce texte, signé avec la FNSEA, les JA, les chambres d’agriculture et l’ONG Action contre la faim, entre autres, nous appelons à une large mobilisation pour atteindre l’objectif zéro artificialisation nette.

L’enjeu de la préservation des sols agricoles et naturels est majeur. Nous allons essayer de faire signer au plus de participants possible ce texte afin de le porter politiquement par la suite. Car ce sont les collectivités qui ont le rôle le plus important en la matière.

« Nous sommes au cœur d’un bassin agricole parmi les plus importants d’Europe »