Les services de FranceAgriMer doivent encore nous fournir les chiffres précis. Mais selon Grazyna Marcinkowska, chargée d’études au sein de l’unité Prix et consommation, le constat est clair : malgré l’importance prise par ce sujet dans les médias généralistes, la vente directe reste un phénomène marginal. Certes, l’engouement des Français pour ces circuits alternatifs a été réel durant la période de confinement. Pour preuve, les témoignages concordants de start-up (Ruche qui dit oui, Promus, La Charette…) accompagnant les agriculteurs sur ces circuits. Tous témoignent – au minimum – du doublement de leur activité. Mais cela reste un épiphénomène à l’échelle des marchés agricoles, a expliqué FranceAgrimer lors d’une conférence de presse le 23 juin. Pourquoi ? Tout simplement parce que la vente directe « reste marginale ». Dans un secteur comme la viande de boucherie, des progressions ont bien été observées, explique Grazyna Marcinkowska, mais elles représentent « l’épaisseur du trait ». Les défenseurs de ces modes de distribution argueront, à raison, que beaucoup de grands phénomènes commerciaux ont commencé par être des niches, à commencer par le bio ou l’œuf plein air. Mais ne parions pas trop vite sur le développement exponentiel de la vente directe ; rappelons d’abord que les marchés, qui eux étaient fermés, sont en déclin structurel ; et que le principal défaut de la vente directe, c’est qu’elle est fortement émettrice de CO2, une donnée qui, espérons-le, deviendra bientôt aussi importante pour l’État que le budget et l’emploi.
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