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Les 10 enseignements des comptes de l’agriculture

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1. La France compense l’Europe
Sur une dizaine d’années d’évolution, la hausse des aides nationales a tendance à compenser la réduction des aides européenes. En 1998, sur 15,183 milliards d’euros d’aides, 10,3 millliards provenaient de l’Europe et 4,8 milliards du budget français. En 2008, sur un total de 15,5 milliards, 9,4 milliards sont européens et 6,1 milliards sont d’origine française.
2. Les aides à la régulation des marchés en forte baisse.
Elles ont diminué de 20% en 2008 après une réduction de 27% en 2007. Ces aides concernent les restitutions à l’exportation, les dépenses d’intervention et les subventions à l’écoulement des produits. Ellles représentent 641 millions d’euros en 2008.
3. Les subventions liées aux produits progressent légèrement
Elles concernent la prime au maintien des troupeaux de vache allaitantes payées sur la part national, de même que les subventions économiques aux producteurs d’ovins frappés par la FCO et ayant subi une réduction de leur marge brute.
4. Les aides à l’installation diminuent
En 2008, la bonification des prêts d’investissement diminue, passant de 211 millions en 2007 à 166 millions. La dotation jeunes agriculteurs (DJA) est en réduction de 8,5% mais elle a permis d’installer néanmoins 5 995 agriculteurs.
5. Les cotisations sociales en hausse sensible
Les cotisations sociales des agriculteurs ont connu une hausse sensible en 2008, de 5,1%. La raison : les progressions du revenu des agriculteurs en 2006 et 2007 qui, avec le décalage de paiement, rejaillissent sur les cotisations 2008 alors même que le revenu y est en baisse.
6. En moyenne triennale, le revenu agricole reste positif.
Si l’on compare la moyenne des années 2006/2007/2008 à celle des années 2003/2004/2005, le revenu des exploitations agricoles reste en croissance, de l’ordre de 5%. C’est principalement le cas des producteurs de céréales et oléoprotéagineux (+18%), des autres producteurs de grandes cultures (pommes de terre, betteraves…) avec 11% de hausse ainsi que des arboriculteurs fruitiers (+5%) et des producteurs de lait (4%). Les autres producteurs sont en général en baisse même en moyenne triennale. .
7. Les productions hors sol paient un niveau record de charges
Selon les données des comptes de l’agriculture, les productions hors sol (porcs, volailles) subissent des charges trois fois plus élevées que la moyenne. En 2008, la valeur moyenne des charges de production représentaient 51 000 euros par exploitation quel que soit le secteur. Pour le hors sol, ces charges atteignent 167 000 euros.
8. Baisse de la productivité des consommations intermédiaires
En 2008, le volume de consommations intermédiaires a progressé plus rapidement (3,2%) que le volume de production agricole (2,8%). Les statisticiens en concluent que la productivité des intrants agricoles a baissé en 2008. Depuis vingt ans, cette productivité est cependant en hausse de 0,2% par an en moyenne.
9. Dynamisme des investissements
Les investissements agricoles ont bien augmenté sur l’année 2008 : +4% à prix constants selon les statisticiens. Ce sont les productions animales qui sont principalement à l’origine de cette hausse tandis que les investissements dans les vignes et vergers sont en réduction. Les achats de matériels agricoles seraient en hausse de 9%
10. Les charges locatives en forte hausse
Les charges locatives, c’est-à-dire les fermages ont subi une augmentation importante en 2008, de plus de 6%. Une hausse due à la part des fermages en hausse (1% par an en moyenne sur le long terme) et à la valeur des fermages elle-même. C’est un contrecoup de la hausse des revenus de 2007, la valeur des fermages étant indexée sur le revenu agricole.

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