La réforme du secteur fruits et légumes en Europe a fait l’objet d’un nouveau tour de table le 2 avril entre les représentants des Etats membres auprès de l’UE. Au centre des débats : le découplage des aides à la transformation. Les différents Etats se tâtent et se positionnent et déjà des lignes de fracture se dessinent. Un questionnaire a été présenté aux représentants en vue de peaufiner les questions qui sont jugées encore floues par de nombreuses délégations. Ce questionnaire sera soumis pour débat aux ministres de l’agriculture lors de leur réunion du 16 avril prochain.
Trois grands blocs se dessinent au sein des Etats membres en ce qui concerne la proposition de découpler les aides à la transformation des fruits et légumes. Un certain nombre seraient d’accord pour le découplage mais souhaiteraient bénéficier d’une période de transition. Il s’agit pour eux de protéger leur agriculture contre un changement brutal de politique.
D’autres Etats penchent plutôt vers un découplage partiel, voulant ainsi garder un lien avec la production sinon ce serait seulement l’aval qui accaparerait les aides. Ceux-ci avancent l’argument de la diversité du secteur, tant par les types de produits (agrumes, tomates, pruneaux par exemple) que par la répartition régionale des productions. D’autres Etats, comme la France, ne veulent pas de découplage et estiment qu’il existe une marge de manœuvre et qu’il faut établir un lien réel entre l’amont et l’aval en laissant à l’Etat membre concerné la possibilité de décider les critères d’octroi de l’aide. Paris réclame notamment pour les producteurs de pruneaux le maintien d’un prix minimum pour éviter que l’aide soit captée entièrement par l’aval à l’instar de ce qui se fait avec la betterave sucrière. Viennent ensuite les Etats dits « libéraux » (Royaume-Uni, Pays-Bas et Suède) qui eux se disent favorables au découplage total des aides à la transformation. Pour ces derniers, l’UE devrait cesser d’aider les agriculteurs à produire n’importe comment et devrait les encourager à produire en fonction du marché. Pour eux, ne devraient subsister sur le marché que les producteurs les plus compétitifs ; les autres devront cesser leurs activités.
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Pour la Commission européenne il n’y a pas péril en la demeure car selon elle, « les producteurs de céréales ne vont pas tout d’un coup se mettre à abandonner leurs spéculations pour se tourner vers la production de fruits et légumes ».