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UE/Volailles Les « 27 » durcissent les normes des produits à base de viande

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Réunis en Conseil le 19 octobre à Luxembourg les ministres de l’agriculture de l’UE ont adopté un règlement visant à étendre le champ d’application des normes de commercialisation pour la viande de volaille, aux préparations et produits à base de viande de volaille. Motif affiché: protéger le consommateur contre les tromperies commerciales qui voudraient faire passer des préparations à base de viande de volaille congelée pour des préparations faites à base de viande de volaille fraîche. Seul le Royaume-Uni a voté contre, estimant que les nouvelles mesures, qui entreront en vigueur en mai 2010, pourraient coûter « plus de 160 millions de livres sterling à l’industrie britannique ».

Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont adopté le 19 octobre un nouveau règlement technique prévoyant d’étendre le champ d’application des normes de commercialisation pour la viande de volaille, aux préparations et produits à base de viande de volaille. Il y est expliqué qu’en vertu de la législation communautaire en matière d’étiquetage des denrées alimentaires, l’étiquetage et les modalités selon lesquelles il est réalisé « ne doivent pas être de nature à induire l’acheteur en erreur », notamment en ce qui concerne les caractéristiques de la denrée alimentaire, et en particulier « la nature du produit, son identité, ses propriétés, sa composition, sa quantité, sa durée de conservation, son origine ou sa provenance, ou son mode de production ou de fabrication ».
La viande de volaille qui a été congelée ou surgelée, souligne le nouveau règlement, « doit être vendue dans cet état, ou être utilisée dans des préparations commercialisées à l’état congelé ou surgelé, ou dans des produits à base de viande ».

Ne pas induire en erreur les consommateurs
Le nouveau règlement spécifie également la définition « viande de volaille fraîche » comme une « viande de volaille n’ayant à aucun moment été durcie par le froid avant d’être maintenue à une température qui ne soit ni inférieure à ? 2°C, ni supérieure à 4°C ». Toutefois, les États membres peuvent fixer des exigences légèrement différentes en matière de température pour la durée minimale nécessaire pour le découpage et la manipulation de la viande de volaille fraîche dans les magasins de détail ou dans les locaux contigus à des points de vente, où le découpage et la manipulation sont effectués exclusivement en vue d’une vente directe, sur place, au consommateur ». Par « viande de volaille congelée », le nouveau règlement précise qu’il doit s’agir de « viande de volaille qui doit être congelée dès que possible dans le cadre des procédures normales d’abattage et devant être maintenue en permanence à une température ne dépassant à aucun moment ? 12°C ».

Préparations à base de viande de volaille
En ce qui concerne les préparations à base de viande de volaille, la nouvelle législation stipule qu’il faut entendre par là « été réduite en fragments, à laquelle ont été ajoutés des denrées alimentaires, des condiments ou des additifs ou qui a subi une transformation insuffisante pour en modifier la structure fibreuse des muscles ». Quant aux préparations à base de viande de volaille fraîche, il doit s’agir de « préparation à base de viande de volaille pour laquelle a été utilisée de la « viande de volaille fraîche ». Toutefois, là aussi, les États membres peuvent fixer des exigences légèrement différentes en matière de température, à appliquer pour la durée minimale nécessaire et uniquement dans la mesure nécessaire pour faciliter le découpage et la manipulation réalisés dans l’usine pendant la production de préparations à base de viande de volaille fraîche.

Combat solitaire du Royaume-Uni
Le Royaume-Uni où ces pratiques de vendre des préparations à base de viande de volaille congelée comme des préparations à base de viande de volaille fraîche seraient plus courantes que dans le reste du continent n’en démord pas. D’autant plus qu’aucun autre Etat membre de l’UE n’a manifesté la moindre solidarité avec son combat. Les Britanniques, qui ont demandé à la Commission européenne de prolonger la période transitoire prévue jusqu’au 1er avril 2011, soulignent que les nouvelles mesures sont « incompatibles avec la tendance communautaire vers une rationalisation des normes de commercialisation » et qu’elle « bafouent les meilleures pratiques professionnelles». Pire: « elles n’ont même pas été accompagnées par une analyse d’impact et ne manqueront pas de léser les intérêts des consommateurs ». Selon l’industrie britannique, les nouvelles mesures communautaires pourraient coûter plus de 160 millions de livres, bien que, reconnaît-elle, le coût économique « pourrait être atténué par les consommateurs qui pourraient se reporter sur d’autres catégories de viande ». Elle promet même pour cet automne une analyse d’impact de ces mesures pour évaluer les dégâts sur ses activités commerciales.

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