Michel Barnier, ministre français de l’Agriculture, a requis et obtenu le soutien de ses homologues européens contre le plan annoncé à l’issue du dernier Conseil économique transatlantique UE/Etats-Unis et envisageant la possibilité d’importer en Europe des volailles ayant subi des procédés chimiques de décontamination. La commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel a promis de tenir compte de la position des « 27 ».
Au total 21 gouvernements sur 27 (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, France, Tchéquie, Danemark, Pays-Bas, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Luxembourg, Portugal, Roumanie, Espagne, Suède), ont rejeté, lors du Conseil des ministres de l’Agriculture le 19 mai, la levée de l’interdiction de l’UE sur la viande de volaille des Etats-Unis désinfectée au chlore, qui avait été suggérée par la Commission européenne, avant la tenue du Sommet économique transatlantique UE/Etats-Unis le 2 mai dernier. Ces pays estiment que cela pose un risque pour la sécurité alimentaire pour les consommateurs européens. La Commission a en effet annoncé qu’elle allait proposer des modifications aux règles de l’UE en vue d’autoriser certaines substances pour la décontamination chimique de viande de volaille produite ou importée dans l’Union. Au sein de l’Union, seule la désinfection de la viande de poulet avec de l’eau potable est autorisée.
Michel Barnier a indiqué lors d’un point de presse à l’issue des travaux du Conseil agricole que la quasi-totalité des ministres qui se sont exprimés ont appuyé la demande française de refuser la désinfection chimique des volailles. « Les Américains font ce qu’ils veulent mais nous en Europe nous ne sommes pas obligés d’adopter le même modèle alimentaire et nos consommateurs ont d’autres exigences notamment de bonnes pratiques hygiéniques tout au long de la chaîne de production alimentaire et pas un assainissement brutal au bout de la chaîne de production », a-t-il souligné.
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La nouvelle commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Androula Vassiliou, a rappelé pour sa part qu’elle n’est pas prête à modifier les règles d’hygiène communautaires « car celles-ci ont exigé beaucoup de temps et de discussions et elles ne sont pas négociables ».Selon elle, toute proposition éventuelle « devra tenir compte des aspects santé des consommateurs ». Elle a indiqué que les experts des États membres auront la possibilité de donner leur avis sur cette question dans le cadre du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale.