À l’issue de leur réunion des 16 et 17 juin à Luxembourg, les ministres de la santé de l’UE ont adopté notamment des recommandations sur l’obésité infantile. Ils invitent les États membres à prendre des mesures afin de réduire l’exposition des enfants à la publicité dans les médias et la sponsorisation d’aliments riches en graisses saturées, en acides gras trans, en sucre et en sel.
Dans leurs recommandations portant sur les problèmes d’obésité infantile, les ministres de la santé de l’UE demandent en particulier la réduction des sollicitations commerciales à destination des enfants et des adolescents visant à promouvoir les aliments riches en énergie, en sucres, en graisses saturées et en acides gras trans. Ils recommandent également de lutter contre les modes de vie sédentaires compte tenu du lien étroit avéré entre les sollicitations commerciales et le temps passé devant un écran, d’une part, et l’adiposité chez les enfants et les adolescents, d’autre part. Les ministres estiment urgent de s’attaquer au nouveau défi que posent les sollicitations commerciales et publicitaires effectuées sur les plateformes en ligne et les réseaux sociaux où les messages ciblent souvent davantage les enfants isolés, qui sont donc plus difficiles à contrôler.
Les États membres sont également invités à dialoguer avec les producteurs de denrées alimentaires, les détaillants et le secteur de la restauration afin de favoriser une amélioration des produits alimentaires et la promotion d’un mode de vie plus sain. Les ministres encouragent les exploitants du secteur alimentaire à utiliser – à titre volontaire – un étiquetage des denrées alimentaires afin d’aider les consommateurs, en particulier ceux appartenant à des groupes socio-économiques défavorisés, à choisir des options saines, et à promouvoir des campagnes d’éducation et d’information visant à permettre aux consommateurs de mieux comprendre les informations sur les denrées alimentaires, notamment l’étiquetage nutritionnel.
L’industrie préfère mettre l’accent sur la coopération
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« Nous soutenons fermement la reconnaissance par les ministres de la valeur de la coopération et du partenariat entre les différentes parties prenantes et nous leur demandons de travailler en étroite collaboration avec le secteur alimentaire et d’autres parties prenantes pour aider les consommateurs à avoir des régimes plus équilibrés », a indiqué dans un communiqué FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie alimentaire de l’UE. Celui-ci reconnaît l’importance de son rôle et de sa responsabilité dans la promotion de régimes alimentaires plus équilibrés et de modes de vie sains. Il réitère son engagement « à mettre en œuvre, en coopération avec toutes les parties prenantes concernées, des initiatives efficaces visant à permettre aux enfants et à leurs familles d’adopter des modes de vie plus sains.
Le BEUC dénonce la pub ciblant les enfants
De son côté, le BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs) a demandé aux fabricants et distributeurs de l’agroalimentaire de cesser d’utiliser les mascottes publicitaires pour promouvoir des aliments pour enfants très peu nutritifs. Car d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il existe un lien irréfutable entre la publicité vantant les aliments très gras, sucrés ou salés et l’obésité infantile. Pour le BEUC, les tigres Tony sur les boîtes de céréales Frosties ou les lapins Nesquik « sont une technique de marketing très efficace et persuasive auprès des enfants. Malheureusement, ces personnages sont principalement présents sur des aliments peu sains ». Les experts du BEUC ont évalué la présence de ces personnages dans les rayons des supermarchés et les publicités dans 13 pays, dont la France. Cette initiative a confirmé que les mascottes apparaissent sur des aliments que l’OMS considère impropres au marketing infantile, parce qu’ils sont trop sucrés, salés, ou gras. Sur plus de 100 exemples, les membres du BEUC n’en ont découvert qu’un seul où le personnage promeut un fruit ou légume. « Les enfants sont incapables de faire la différence entre publicité et divertissement. Les publicitaires l’ont bien compris, mais la santé des enfants doit passer avant les profits. Avec un tiers des enfants obèses ou en surpoids, l’obésité infantile est devenue un problème majeur de santé publique en Europe », a souligné Monique Goyens, Directrice générale du BEUC.