Les établissements normands AIM, qui abattent habituellement 12 500 porcs par semaine (10 000 depuis plusieurs mois, selon une source syndicale), ont été placés en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Coutances, pour une durée de six mois, avec pour objectif de trouver un repreneur. Une audience est fixée à mi-parcours, le 24 février.
LE tribunal de commerce de Coutances (Manche) a placé, le 6 janvier, les abattoirs normands AIM en redressement judiciaire, rapporte l'AFP. L'entreprise fait l'objet d'une période d'observation de six mois, a précisé l'avocate du comité central d'entreprise (CCE) à plusieurs centaines de salariés rassemblés devant le tribunal. Selon elle, la survie de l'entreprise n'est envisageable qu'à condition qu'elle soit rapidement cédée à un repreneur, et non via un plan de continuation, compte tenu de l'état de la trésorerie. Pour la CFDT, les difficultés de l'entreprise tiennent aux orientations stratégiques prises par la direction. « Nous ne voulons plus voir la direction en place durant la période de redressement. Ce sont des tsars, ils n'écoutent qu'eux-mêmes », explique René Laurent, secrétaire général agroalimentaire CFDT dans la Manche. « Ils n'ont pas assez misé sur les filières boucherie-charcuterie, où ils dégagent pourtant le plus de valeur ajoutée », regrette Johnny Poisnel, délégué CFDT au CCE.
Convocation le 24 févrierUne nouvelle audience au tribunal de Coutances a été fixée au 24 février pour faire le point sur la situation. « Nous ne le souhaitons pas, mais nous craignons que l'entreprise ne tienne pas les six prochains mois et qu'il se passe quelque chose lors de la réunion », explique René Laurent. AIM emploie 591 personnes et a abattu 81 000 tonnes de bétail en 2013, dont 81% de porcs. L'abattoir de Sainte-Cécile dans la Manche qui abat habituellement 12 500 porcs par semaine, n'en abat plus que 10 000 depuis plusieurs mois, selon la CFDT.
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Malgré la vente de sa division ingrédients à l'américain Darling International pour 1,6 Mrd€ en octobre 2013, l'abatteur néerlandais Vion reste « sous surveillance exceptionnelle des banques », rapporte l'Ifip-Institut du porc dans une note de veille internationale parue le 8 janvier, d'après le journal agricole néerlandais Boerderij.
L'entreprise espérait sortir au 1er janvier 2015 de ce régime qui la contraint à emprunter « à des taux d'intérêt supérieurs à ceux du marché », explique l'Ifip.