Le commerce agroalimentaire de l’UE dans le cadre d’accords commerciaux préférentiels a continué de croître au cours de l’année 2018, contrairement au commerce agroalimentaire global de l’UE avec le reste du monde, lequel a diminué. C’est l’un des éléments significatifs retenus par la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, lors de la présentation du rapport annuel le 14 octobre, sur la mise en œuvre des principaux accords commerciaux de l’UE en 2018.
« Nos exportations de produits alimentaires et de boissons, en particulier, sont florissantes grâce à la baisse des droits de douane et à la protection juridique à l’étranger pour les produits artisanaux de l’UE tels que le champagne et la feta ». C’est ce qu’a mis en avant la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, en présentant à la presse le rapport annuel sur « la mise en œuvre des accords de libre-échange de l’UE entre janvier 2018 et décembre 2018 ». Selon ce rapport, le commerce agroalimentaire dans le cadre des accords commerciaux préférentiels de l’UE a continué de croître l’an dernier contrairement au commerce agroalimentaire global de l’UE avec le reste du monde, qui, lui, a légèrement diminué. Les exportations de produits agroalimentaires de l’UE dans le cadre des accords préférentiels ont en effet augmenté de 2,2 % (+1 milliard d’euros) tandis que les importations agroalimentaires de l’UE ont légèrement diminué (-0,6 %).
Au cours de l’année 2018, le commerce agroalimentaire de l’UE avec les pays partenaires du commerce préférentiel représentait 30 % du total des exportations agroalimentaires de l’UE et 40 % des importations. Avec un excédent de 11 milliards d’euros, les accords commerciaux de première génération (conclus avant 2006) ont contribué pour plus de la moitié à l’excédent croissant du commerce agroalimentaire global de l’UE avec le reste du monde. Les spiritueux, le vin, les pâtes et les pâtisseries étaient les principaux contributeurs à la croissance des exportations de l’UE. Parallèlement, les importations de blé, de café non torréfié et de sucre ont diminué.
Les produits sensibles protégés
La croissance des exportations a été particulièrement forte avec les pays partenaires des accords commerciaux de « deuxième génération » (+5 %) et des accords de libre-échange approfondi et globaux (+11 %) (1). En 2018, sa première année de mise en oeuvre, l’Accord de libre-échange UE/Canada a vu les exportations européennes augmenter de 4 % notamment en ce qui concerne les agrumes, le fromage et le chocolat. Les trois principales destinations des exportations agroalimentaires de l’UE parmi les partenaires du commerce préférentiel ont été la Suisse, la Norvège et le Canada, qui ont représenté 12 % des exportations agroalimentaires en 2018. Environ 47 % des exportations étaient des préparations alimentaires telles que des chocolats, des préparations pour nourrissons, des pâtes (22 %), des aliments transformés tels que des fromages et des vins (15 %) et d’autres boissons (9 %).
En réponse aux critiques sur les accords de libre-échange que l’Europe a multiplié ces dernières années, les auteurs du rapport soulignent que ceux-ci contiennent des dispositions relatives à la protection des producteurs européens de produits sensibles, tels que la viande bovine, la volaille ou le sucre. Ils font valoir que ces produits « sont totalement exclus du commerce préférentiel ou, s’ils ne sont que partiellement exclus, ils sont couverts par des contingents tarifaires soigneusement calibrés ». Pour les fruits et légumes sensibles, un système de prix d’entrée est appliqué en saison haute de récolte dans l’UE.
Du potentiel pour les exportations
À leurs yeux, ces accords commerciaux préférentiels offrent un grand potentiel pour les exportations de produits agricoles de l’UE. Des exemples ? Le Japon et la Corée du Sud sont les deuxième et troisième marchés pour les exportations de viande porcine de l’UE et présentent un potentiel de croissance important. Ces marchés représentent 42 % des exportations totales de porc de l’UE. Les exportations vers la Corée du Sud ont progressé depuis la mise en œuvre de l’accord commercial, avec une augmentation de 12 % supplémentaire en 2018, bien que les exportations de trois États membres de l’UE soient interdites en raison de l’apparition de foyers de peste porcine africaine.
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Mieux, les accords commerciaux continuent de bénéficier aux produits agricoles sensibles de l’UE. Par exemple, en 2018, l’UE a exporté près de 162 000 tonnes de viande bovine vers des pays partenaires préférentiels, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2017. Les pays partenaires du commerce préférentiel absorbent deux tiers de l’ensemble des exportations de bœuf de l’UE, les principaux partenaires étant la Turquie, la Bosnie-Herzégovine, Israël et la Suisse. Ceci montre, soutiennent les auteurs du rapport, que « lorsque le commerce n’est pas entravé par des mesures sanitaires déloyales et injustifiées ou par des droits à l’importation prohibitifs, la viande bovine européenne est appréciée sur les principaux marchés d’exportation ».
De même, les producteurs européens de sucre ont enregistré de bons résultats en 2018, avec des exportations de plus de 3 millions de tonnes de sucre (+48 % par rapport à 2017), un niveau record depuis 2014. Si les résultats à l’exportation du sucre de l’UE ont été, en grande partie, stimulés par l’achèvement de la réforme du régime de l’UE dans le secteur du sucre, les accords commerciaux bilatéraux ont également contribué à ce résultat. À titre d’exemple, l’Égypte était le principal marché d’exportation du sucre de l’UE en 2018. Le pays a importé plus de 500 000 tonnes de sucre européen à droit nul, grâce à l’accord commercial existant entre l’UE et l’Égypte (2). Dans le cas du Japon, les exportations agroalimentaires de l’UE se sont déjà intensifiées en 2018 (par exemple, +78 % pour les exportations de viande de volaille), en partie grâce à la coopération accélérée pour résoudre un certain nombre de problèmes liés aux mesures sanitaires et phytosanitaires.
Des problèmes subsistent
Toutefois, reconnaissent les auteurs du rapport, un certain nombre de problèmes subsistent. Ainsi le marché sud-coréen est toujours fermé à la viande bovine européenne et peu de progrès ont été réalisés en 2018 sur le traitement des demandes des États membres de l’UE, dont certaines attendent depuis 2014. Une situation similaire prévaut avec certains autres pays partenaires commerciaux de l’UE, tels que la Colombie qui a instauré en novembre 2018 des droits anti-dumping excessifs sur les frites surgelées belges, allemandes et néerlandaises. Interrogée à ce propos, Cecilia Malmström, a révélé que la Commission vient de lancer une procédure en différend auprès de l’OMC à l’encontre de la Colombie. La Colombie est le troisième pays, après l’Afrique du Sud puis le Brésil, à avoir mis en place de telles mesures protectionnistes contre la Belgique, selon l’Association belge des professionnels de la pomme de terre, Belgapom.
me génération » s’étendent à de nouveaux domaines, notamment les droits de propriété intellectuelle, les services et le développement durable. Les accords de libre-échange approfondi et global créent des liens économiques plus forts entre l’UE et ses pays voisins (méditerranéens par exemple).
(2) En l’absence d’accord commercial préférentiel, l’Égypte applique un droit de douane de 20 % sur le sucre brut.