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Les acteurs de la ruralité interpellent les candidats à la présidentielle

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Réunies autour de l’Association des maires ruraux de France, dix-sept associations et organisations nationales veulent faire entendre la voix de la ruralité dans la campagne présidentielle. Elles publient dans cette optique un recueil commun de « 18 propositions pour la ruralité » disponible en kiosque, dans un hors-série de Village magazine.

Pas moins de 17 organisations actrices du monde rural (1) ont rejoint l’Association des maires ruraux de France (AMRF) pour défendre « le pouvoir des campagnes » (2) autour de 18 propositions adressées aux politiques, à quelques mois de l’élection présidentielle. Compilées dans un hors-série de Village magazine, ces propositions se présentent comme « un démenti cinglant à ceux qui disent que la ruralité est morte », indiquait Vanik Berberian, président de l’AMRF, le 19 octobre. Le recueil, sorte de livre blanc, présente également des initiatives concrètes menées en milieu rural et tend à ouvrir le regard habituellement porté sur les campagnes, qui « ne se résument pas qu’à l’agriculture et aux jolis paysages ».

Élever la notion de territoire au niveau constitutionnel

Les habitants des territoires ruraux restent moins bien considérés que leurs homologues urbains, selon l’AMRF qui dénonce « l’absurdité mathématique contenue dans la loi de finances, votée tous les ans » selon laquelle « un urbain vaut (en euros) deux ruraux ». Même si elle « tient plus de la lettre au père Noël », admet Vanik Berberian, la proposition de l’AMRF consiste en une révision de la Constitution afin d’y mentionner la notion de territoire. Car celle-ci « oublie, voire ignore l’espace au profit de la référence unique au nombre ». L’AMRF suggère de fait que « la superficie soit une réalité contraignante au même titre que l’égalité entre les citoyens dans les textes de loi et tout simplement dans la réflexion collective que nous devons avoir sur l’avenir de notre pays ».

Faciliter l’expression du monde rural dans les conseils régionaux

La FNSEA, qui s’exprime quant à elle à travers le Groupe monde rural qu’elle a fondé, demande une véritable équité des territoires conditionnée par un égal accès aux services publics, aux moyens de transport ou au numérique. Mais pour que la parole des ruraux soit entendue par les pouvoirs publics, la FNSEA estime qu’une « évolution du système électoral des conseillers régionaux » est nécessaire. La FNSEA appelle à maintenir un premier collège de conseillers régionaux, élus selon les modalités actuelles : un scrutin de liste à deux tours, avec une représentation proportionnelle. Mais elle demande la création d’un second collège de conseillers régionaux qui seraient, eux, issus des différents territoires et élus selon un « scrutin uninominal majoritaire à deux tours », c’est-à-dire un vote non pas pour une liste mais pour un candidat clairement identifié.

Donner les moyens d’agir

Leader France demande à l’État de doubler les fonds de Feader européens dédiés au programme Leader (3) et de confier la gestion de ce budget aux territoires, afin de « démultiplier l’effet levier des fonds européens ». Notre Village, association qui accompagne les actions territoriales en faveur du développement durable, ne réclame pas d’argent public, mais « de la confiance ». L’organisation estime que l’État « doit être beaucoup moins prescriptif et beaucoup plus facilitateur et régulateur ». Nouvelles Ruralités suggère quant à elle l’élaboration d’une « loi d’orientation et de programme sur les territoires ruraux » dans la veine de la loi montagne.

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D’autres propositions de l’AMRF au printemps

Ces 18 propositions devraient être complétées par d’autres demandes que l’AMRF recense actuellement à l’occasion de rencontres départementales qu’elle a appelées « États généreux de la ruralité ». Elle les adressera au printemps prochain aux candidats à l’élection présidentielle. « Nous allons dire aux candidats ce que les territoires ruraux attendent d’eux », indique Vanik Berberian qui précise : « On ne demande pas l’aumône, on demande à être reconnu, car la ruralité n’est pas un boulet ».

(1) Union nationale des Maisons familiales rurales, Mouvement rural de jeunesse chrétienne, Nouvelles Ruralités, Foyers Ruraux, Leader France, Ruralité environnement développement, Réseau européen des petites communes rurales pour la neutralité énergétique, Groupe monde rural, Fondation du patrimoine, Plus beaux villages de France, Adrets, Génération mouvement, Assemblée permanente des chambres d’agriculture, Centres musicaux ruraux, Bistrots de pays, Collectif ville campagne, Notre Village.

(2) Village magazine, Le pouvoir des campagnes, hors-série n° 1, octobre 2016 (12 €)

(3) Le programme Leader (Liaison entre action de développement de l’économie rurale) vise à encourager la mise en œuvre de stratégies originales de développement durable, dans les territoires ruraux, à travers l’expérimentation.

L’AMRF dénonce « l’absurdité mathématique contenue dans la loi de finances » selon laquelle « un urbain vaut (en euros) deux ruraux »