La ministre de l'Environnement a présenté devant le Conseil des ministres, le 20 mai, un plan « France, terre de pollinisateurs » pour préserver les abeilles et d'autres actions d'accompagnement au projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages.
Adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 24 mars 2015, le projet de loi sera débattu au Sénat début juillet. Ségolène Royal ambitionne de développer toute une série d'actions pour préserver la biodiversité. Parmi celles-ci, un plan de préservation des pollinisateurs et une démarche d'élargissement de l'interdiction des pesticides.
La pollinisation représenterait une valeur économique de 1,5 milliard d'€ par an en France, indique le ministère. Le plan « France, terre de pollinisateurs » doit enrayer la perte de pollinisateurs grâce à la promotion de « bonnes pratiques ». Il préconise l'application sur 20% du territoire de pratiques favorables aux abeilles et aux pollinisateurs et la perte « zéro » d'espèces de pollinisateurs. Mieux encore, il vise l'augmentation de 30% des pollinisateurs sur les bordures des routes françaises dans 3 ans, grâce notamment à un fauchage tardif sur les 12 000 km du réseau routier national non concédé. Enfin, il prévoit la construction de 5 000 gîtes à insectes et ruchers municipaux.
Haro sur les pesticides
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En matière de pesticides, Ségolène Royal s'appuie sur le rapport européen des académies des sciences publié en avril 2015, qui conclut à la sévère nocivité des pesticides néonicotinoïdes sur la faune, l'eau et les sols. Malgré les mesures déjà prises, la ministre relève que l'utilisation de ces substances continue d'augmenter. Elle a donc annoncé le 20 mai que « la France engage la démarche d'extension du moratoire européen sur l'ensemble des pesticides néonicotinoïdes ». Dans cette optique, elle prévoit une saisine de l'Anses afin de définir de nouvelles interdictions d'usage, la demande d'accélération auprès de la Commission européenne de la réévaluation scientifique par l'Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments (Efsa) et la valorisation des projets territoriaux privilégiant les alternatives aux néonicotinoïdes.
La ministre poursuit également la démarche « Terre Saine, communes sans pesticides » afin d'anticiper l'interdiction des pesticides pour les collectivités. Prévue dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte, cette interdiction devrait prendre effet au 1er janvier 2017.