Euralis a achevé la réorganisation industrielle et commerciale de ses activités agroalimentaires. Mais leur performance économique est en deçà des objectifs à cause de la crise de la Covid-19. En 2019/2020, le groupe béarnais a réalisé un chiffre d’affaires de 1,33 milliard d’euros, dont 411 millions d’euros avec ses activités alimentaires. Les perspectives d’exportation de foie gras Rougié vers la Chine sont prometteuses.
La Covid-19 a fortement bousculé les activités alimentaires d’Euralis sur l’exercice 2019/2020. La coopérative béarnaise a vu sa performance économique « affectée par l’effet combiné de cette crise, de la baisse du prix des viandes de canard et des effets de change négatifs sur l’activité semences », explique-t-elle dans son communiqué du 14 décembre. Au final, sur l’exercice, Euralis affiche une légère baisse de son chiffre d’affaires (-1,48 %) à 1,33 milliard d’euros. L’Ebitda du groupe est en hausse de 5 millions d’euros, à 49,8 millions d’euros et le bénéfice net est à l’équilibre (contre un résultat de 4 millions d’euros en 2018/2019 et une perte de 26 millions d’euros en 2017/2018).
Pour les seules activités agroalimentaires (canards et traiteur), qui représentent 35 % du CA du groupe, les ventes sont en baisse de 6,3 % à 411 millions d’euros, avec des évolutions contrastées selon les secteurs. Toutefois, l’Ebitda repasse dans le vert à 1,5 million d’euros (contre un résultat négatif de 10 millions d’euros en 2018/2019). « La réorganisation de nos activités alimentaires sur les sites de Maubourguet et Yffiniac (Côtes-d’Armor) est effective depuis le 1er septembre 2019 et nous avions bien démarré jusqu’à la crise sanitaire », constate Philippe Saux, directeur général du Groupe.
Engouement pour la commercialisation de proximité
Dans les activités traiteur, Stalaven renoue avec la croissance et enregistre une hausse de 6,1 % de son chiffre d’affaires. La marque a en effet bénéficié de l’engouement des consommateurs pour les commerçants de proximité (bouchers, charcutiers, traiteurs) et des bonnes performances de son activité salaison dont les outils sont désormais à saturation. Atelier Traiteur accuse quant à lui un repli de 22 % de ses ventes. Une contreperformance que la coopérative attribue « à une moindre fréquentation des grandes surfaces et la fermeture de certains rayons pendant la crise sanitaire ». « Nous allons devoir apprendre à vendre davantage en drive, plutôt qu’à la coupe », en déduit Philippe Saux.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Concernant les activités canards, Maison Montfort a vu son chiffre d’affaires légèrement augmenter (+ 0,9 %) et a conquis 1 % de parts de marché lors des fêtes de fin d’année 2019. La marque confirme sa deuxième place en GMS. Enfin, le chiffre d’affaires de Rougié, dont 40 % sont réalisés hors de France, est en recul de 18 % subissant directement la fermeture des restaurants et des hôtels et la forte baisse de fréquentation des duty-free où la marque est distribuée. Satisfaction tout de même pour Rougié dont le site de Maubourguet (Hautes-Pyrénées) a reçu l’agrément pour exporter du foie gras vers la Chine où les perspectives s’annoncent plutôt positives. L’homologation du second site d’Euralis aux Herbiers est en revanche retardée par la crise sanitaire.
La Chine offre de belles perspectives au foie gras Rougié
« Nous avons stoppé la production de canards là-bas car nous n’arrivions pas à fournir la demande. Depuis la France, nous pouvons mieux maîtriser notre filière et répondre à la demande croissante du marché chinois. Ces consommateurs sont attirés par le prestige de notre marque Rougié, pas par le Label Rouge. Ces exportations devraient représenter 5 % de notre production de canards gras français et environ 300 tonnes de foie gras depuis Maubourguet », explique Philippe Saux.
Un autre secteur prometteur, celui des corners La table des Producteurs. « Les corners La Table des Producteurs (dans les magasins Point Vert de la coopérative) commercialisent des produits alimentaires de nos adhérents en circuit court. Ils ont enregistré + 30 % de chiffre d’affaires durant l’exercice confirmant l’engouement des consommateurs pour la cuisine plaisir et de qualité. Nous avons donc développé notre modèle de distribution alternatif au cours de l’année », conclut Philippe Saux.