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Réforme de la Pac Les agriculteurs autrichiens contre le verdissement de la Pac

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Les agriculteurs autrichiens sont opposés au verdissement de la Pac tel que l’envisage Dacian Ciolos, le commissaire européen, dans ses propositions. Ils estiment que cela risque de remettre en cause la compétitivité de l’agriculture européenne et que, sous d’autres formes, ils font déjà d’intenses efforts pour l’environnement. Trois questions à Gerhard Wlodkowski, président de la Chambre d’agriculture autrichienne, de passage au Salon de l’agriculture.

Comment se positionnent les agriculteurs autrichiens par rapport au projet de réforme de la Pac ?
Au-delà de quelques objectifs qui sont intéressants, il y a trois problèmes importants qui sont posés : d’abord celui du verdissement de la Pac qui doit concerner 30% des aides et 7% des surfaces de chaque exploitation qui doivent être conservées comme réserves agroenvironnementales. Geler ces surfaces par rapport à la production de l’exploitation risque de compromettre notre capacité d’être compétitif. Ce n’est pas une bonne solution. Ce n’est pas en retirant 7% des terres du potentiel de production qu’on les régénèrera. La solution réside plutôt dans des rotations mieux adaptées ou des apports raisonnés d’engrais. Déjà, les agriculteurs autrichiens réalisent de nombreux efforts agro-environnementaux qui concernent 80% de la surface. Et je rappelle que le bio pèse 20% de la production du pays.

Quels sont les autres problèmes posés ?
D’une part, celui des références historiques pour les aides directes. Si nous sommes bien conscients que l’on va vers leur disparition, le délai qui est prévu est bien trop court. D’autre part, et c’est lié, il est indispensable de connaître le budget de la Pac au préalable. Celui-ci doit rester à un niveau au moins équivalent à celui d’aujourd’hui. Enfin, troisième problème, la paperasserie. La réforme de la Pac doit conduire à une simplification de ce qui est demandé aux agriculteurs. Ceux-ci sont prêts à faire des efforts environnementaux et ils en font déjà de manière importante mais il faut moins de paperasserie.

Votre gouvernement est-il sur la même ligne que vous par rapport à la réforme ?
Les relations sont excellentes avec notre ministère de l’Agriculture et nous nous efforçons à chaque fois d’avoir une position commune. C’est avec le ministère des Finances que c’est un peu plus difficile car l’Autriche est un contributeur net à l’Union européenne ce qui amène nos financiers à être tentés de vouloir faire des économies sur ce plan.

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