Plusieurs centaines d’agriculteurs bretons (FDSEA et JA) ont occupé pendant une heure le stand du ministère de l’Agriculture, le 6 mars au SIA, pour dénoncer les exigences de Bruxelles sur le dossier « nitrates ». A l’issue d’une rencontre organisée avec les pouvoirs publics, les agriculteurs ont obtenu l’assurance d’un accompagnement financier de l’Etat pour mettre en œuvre la baisse des apports d’azote sur les bassins versants litigieux.
Banderoles, pétards, chants… Entre 500 et 700 agriculteurs venus le matin même de Bretagne – par un TGV affrêté pour l’occasion – ont envahi le stand du ministère de l’Agriculture peu avant 14 heures, en ce mardi 6 mars. Motif de la colère : les nouvelles contraintes imposées par le gouvernement pour réduire la pollution autour de 9 prises d’eau dont la teneur en nitrates dépasse le seuil fixé par une directive européenne de 1975. Déjà condamnée en 2001, la France est sous la menace d’une seconde condamnation de la Cour européenne de justice qui pourrait mener à des sanctions financières de plus de 100 millions d’euros.
Bruxelles tranchera le 21 mars
Soucieux de faire baisser la pression, le directeur de cabinet de Dominique Bussereau et le conseiller agricole de Dominique de Villepin – notamment – ont reçu pendant près d’une heure une délégation des agriculteurs. A l’issue de cet entretien, les représentants du gouvernement n’ont pas souhaité s’exprimer. A l’inverse, les syndicalistes agricoles ont logiquement voulu faire un compte-rendu des discussions devant leurs troupes. Un debriefing très… court et très diplomatique. Visiblement, il convenait de ne pas trop en dire. Les discussions ont permis d’aller « dans le bon sens », s’est contenté d’expliquer Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère, debout sur une table, devant ses troupes. Il a ajouté avoir obtenu l’engagement du ministère de l’Agriculture et du Premier ministre de faire valoir à Bruxelles les efforts engagés par les agriculteurs dans les bassins concernés par la menace de sanction européenne. Et de conclure : « Je n’ai pas plus à dire ». Interrogé par quelques journalistes dans la foulée, Thierry Merret a cependant reconnu qu’il y avait eu « une avancée » sur l’accompagnement des agriculteurs, tout en glissant, « mais on n’en parle pas ».
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« Mettre de l’argent »
Plus disert, le député Jacques Le Guen (UMP-Finistère) qui participait à la réunion confie que « le Premier ministre est prêt à mettre de l’argent dans cette affaire », évoquant une enveloppe financière de « plusieurs dizaines de millions d’euros ». Un chiffre non confirmé par les pouvoirs publics. Sur le principe, néanmoins, la mise en place d’un accompagnement financier des agriculteurs est acquis. Dans un communiqué publié quelques heures après la manifestation, les ministères de la Santé, de l’Agriculture et de l’Ecologie précisent en effet que « le gouvernement est conscient qu’un nouvel effort important est demandé aux 1 800 agriculteurs» des bassins versants concernés et qu’il « financera un plan ambitieux pour accompagner les agriculteurs dans la mise en œuvre de ces mesures ». Au-delà de ces aspects financiers, les pouvoirs publics indiquent que les mesures anti-nitrates seront appliquées de manière spécifique pour chacun des 9 bassins versants concernés. En ce qui concerne les 4 prises d’eau les plus problématiques – c’est-à-dire celles pour lesquelles on ne peut attendre une amélioration suffisante d’ici 2009 –, leur utilisation sera suspendue, confirme le gouvernement dans son communiqué. Et ce, dans l’attente d’un retour à la normale.
C’est le 21 mars prochain que les commissaires européens trancheront sur ce dossier.